Accueil Date de création : 31/08/08 Dernière mise à jour : 03/12/09 18:03 / 66 articles publiés
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Chapitre 5  (Cours Particuliers [en cours]) posté le mercredi 12 août 2009 02:33

 

 

J’entre dans mon appart’ et trouve Kay devant le miroir en pied de ma chambre en train de s’admirer. Quelle modestie. Sa mère aurait dû l’appeler Narcisse celui là.  

Il tourne la tête vers moi et me sourit.

      Ça te dit de sortir ce soir ?

      Encore ? T’es infatigable toi !

Ma parole mais, il ne dort jamais lui ?

      J’ai envie de ramener quelqu’un d’autre que toi à la maison ! Et puis, hier j’ai vu Seth et j’ai entendu dire qu’en ce moment il y allait tous les soirs. Ajoute-t-il avec un sourire en coin.

Seth ? J’avoue que c’est très tentant. Et je suis à deux doigts de craquer. Mais, je ne peux pas.

      J’avoue qu’aujourd’hui t’as de bons arguments.

      Allez laisse toi donc tenter.

      Nan, désolé mais j’suis crevé.

      T’es pas marrant.

Pas marrant ? Ça se voit que c’est pas lui qui a un paquet de matières à rattraper !

      Peut-être mais, toi tu vas plus en cours je te rappelle !

      Bon ok, je vais y aller tout seul comme un grand. Dit-il en me tirant la langue.

Quel gamin ! Je ne peux pas m’empêcher de sourire devant son air malheureux qu’il tente vainement de cacher derrière ses enfantillages. Il croit vraiment pouvoir me berner aussi facilement ? Je le connais surement mieux que lui-même. Mais, ce soir je suis vraiment fatigué. Comme il le dit si bien, il peut très bien y aller seul pour une fois.

Il se dirige vers la porte et je le suis, il sort et je reste adossé au chambranle.

      T’es sûr que tu veux pas venir ?

      Sûr ! J’ai pas envie de me réveiller demain avec une énième gueule de bois.

      Ça te dérangeait pas avant.

Avant… Ouais ‘était le bon temps. Mais, depuis, j’ai pris conscience que je pouvais avoir un avenir. Et qu’il n’allait pas me tomber tout cuit dans la bouche. ‘Fin… façon de parler, hein…

      Ouais, mais j’ai décidé que je voulais tenter au moins d’avoir mon bac avec des notes un peu mieux que « potables ».

      Mouais… Si je ramène personne je peux venir dormir chez toi ?

Je soupire. En plus d’être son meilleur ami, je sers aussi de baby-sitter, de maman, d’amant par défaut et même d’hôtel ! Mais, bon… Faut bien qu’on s’occupe de lui. Et ce travail ne me dérange pas. Si l’on peut appeler ça un travail. Je dirais plutôt : service. Il a besoin de moi : je suis là. Il n’a pas besoin de se sentir abandonner encore une fois.

      Ouais… T’as la clé alors t’évites de me réveiller ! Et seulement si t’es seul, j’veux pas que mon appart’ se transforme en bordel !

Ouais, je sais, je lui parle pas super bien mais, c’est un grand gamin, il a besoin de fermeté de temps en temps. Si je devais m’attendrir à chaque fois, je ne serais plus qu’une serpillère. Et, à ce niveau là, il ferait ce qu’il veut de moi. Sauf que ça ne serait pas lui rendre service de céder à ses moindres caprices.

      Tu sais que j’t’adore ? Fait-il en me soufflant un baiser.

      Mouais, allez file avant que je change d’avis !

Il sort de l’appart’ et dans un instant de vague lucidité sur les risques qu’il pourrait prendre, je le rattrape par le poignet. Il se retourne et me regarde, l’air interrogateur. Je fixe ses pupilles, plus sérieux que je n’ai pu l’être ces dernières années.

      Fais pas de bêtises, ok ?

      Mais non voyons, tu me connais.

      C’est bien là le problème.

Il se détourne de moi et commence à descendre l’escalier.

      Je déconne pas Kay.

      T’inquiète pas. Je suis un grand garçon. Me répond-t-il en m’adressant un clin d’œil.

Je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose.

Connaissant son inconscience, je ne peux m’empêcher de me demander si je ne ferais pas mieux d’aller avec lui. Mais, je sens peser sur moi toute la fatigue de cette journée qui n’a pourtant rien eu d’éprouvant. Enfin, j’ai peu dormi la nuit dernière. Il faut que je dorme. Kay est en pleine forme mais, il  eu largement le temps de se reposer lui. Et puis, comme il l’a si bien dit, il est un grand garçon. Il saura se débrouiller.

J’ai même l’impression qu’il va mieux depuis quelques temps. Il n’y a aucune raison que ça tourne mal. Même quand je sors avec lui, je n’ai pratiquement plus besoin de le surveiller. Pratiquement, parce qu’une partie de moi ne peux s’empêcher de faire sans cesse attention à lui. En vérité, ça fait plusieurs mois déjà qu’il n’a plus besoin que je l’arrête. Il se contrôle de mieux en mieux.  

Je le regarde sortir de l’immeuble en trottinant, un léger sourire aux lèvres, avant de rentrer chez moi. Je vais pouvoir aller dormir tranquillement. Je m’affale devant la télé, histoire de voir rapidement ce qu’il peut bien se passer du côté du petit écran cette nuit. Je regarde les images sans les voir. Il me semble que c’est un film avec Jodie Foster. Un truc qui se passe dans un avion, je crois. J’arrive pas à imprimer l’histoire. Mon esprit est trop embrumé. La pub arrive et je soupire de lassitude. Il faut toujours qu’ils mettent plus de pub que de film. C’est une maladie ! Qui se propage vite d’ailleurs parce qu’il n’y a pas une seule chaîne qui fasse exception.

Le ridicule de ma situation ne m’effleure même pas. Je n’ai absolument rien à faire de ce foutu film, auquel je n’ai rien suivi, faute d’attention, et je râle contre le harcèlement publicitaire à base de couches culottes, de shampoing et de protections hygiéniques. Franchement, une pub pour des serviettes hygiéniques ? Ils auraient pas pu s’en passer ? C’est super classe quand tu manges ce genre de trucs. Et celles sur les lubrifiants ? Ils ont pensés aux enfants scotchés 24/24h devant leur écran avant de décider de mettre ça entre les films ?

Je renverse ma tête en arrière et observe quelques secondes le plafond. Qu’est-ce que ça peut me faire en fait ? Je crois que j’ai les nerfs tellement à vif, que je pourrait débattre sur n’importe quoi de toute façon. La télé me fatigue. Ce film incompréhensible pour mon pauvre petit cerveau saturé me fatigue. Les pubs me fatiguent. Mes stupides pensées me fatiguent. Mes débats inutiles me fatiguent. J’en viens à me fatiguer moi-même ! Mes paupières s’alourdissent et, comme je ne vois pas l’utilité de lutter pour les garder ouvertes, bah ouais, à quoi ça me servirait de me battre encore avec moi-même sur les serviettes hygiéniques ?, je les ferme. Mes yeux sont légèrement douloureux et me picotent. Je dois être plus crevé que je ne le pensais. D’ailleurs, le marchand de sable ne tarde pas à tenter de s’infiltrer dans mon inconscient et l’épuisement me tombe dessus avec la délicatesse d’un trente-trois tonnes. Il aurait pu être un peu plus délicat ce con ! J’ai même pas eu le temps de me lever du canapé pour aller m’allonger sur mon lit. J’imagine même pas le torticolis demain ! Mais je ne suis plus en état de réfléchir…

 

 

Dead' ou comment faire un chapitre qui ne sert à rien...

ça y est, je suis en France depuis lundi et je serais bien restée là bas {#} Alors, je vous poste ce chapitre qui ne fais en aucun cas avancer l'histoire mais le prochain ne devrait pas tarder. Samedi, je pars en Espagne pour deux semaines, et je ne sais pas s'il y aura une connexion internet alors, je vais voir ce que je peux vous poster en avance et je continuerais cette histoire pendant mon absence, donc à la rentrée, si j'ai bien travaillé et pas trop glandé, vous aurez de nouveaux chapitres :D

 

 

Chantal ~~> Aah, le secret de Kay Je peux pas le dire, c'est un secret xD Tu comprendras bientôt pourquoi personne ne s'inquiète pour lui.

Plaisance ~~> Une amitié améliorée, ouais c'est exactement ça ^^

Letichat ~~> Heureuse que ça te plaise toujours =)

Alix ~~> Bienvenue ! {#} J'espère que tu te plairas ici au milieu de nous autres folles xD

ManOn' ~~> Au moins ça fait plaisir de savoir que tu es là =) Bisous

Marine ~~> T'es un vrai boulet ça c'est sûr ! XDD Mais c'est pour ça qu'on t'aime !

Layla ~~> Je vois que ton humour vole aussi haut que le mien. (On arriverait à creuser un tunnel avec) si jamais tu vas en taule tu m'appelles et je suis sûre qu'à deux on peut se faire un plan façon Michael Scofield pour te faire évader juste par la force de notre humour {#} Par contre, si un jour, par un malheureux hasard tu te retrouvais avec une hache entre les mains évite de t'approcher de moi, parce que avec une crise de fou rire, la hache pourrait très bien t'échapper des mains et par un mauvais concours de circonstances venir se planter droit dans mon cou ! Te connaissant, je suis sûre qu'en voyant une marre de sang à tes pieds t'serais bien capable de te mettre à rire encore plus ! {#}

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Chapitre 6 (partie 1)  (Cours Particuliers [en cours]) posté le samedi 29 août 2009 23:43

Hey salut les filles !  {#} Je viens juste de rentrer, 'fin ya environ 3 heures ^^ Pfiou, j'ai pas vu beaucoup mon lit depuis le début des vacances. Peut-être une semaine maxi  {#}  Mais, je me suis connectée et ...   {#}  40 coms en attente !  {#}  La vache ! Vous avez la forme xD Je vous préviens tout de suite que je ne les ait pas encore tous lu ^^' Mais je vois que Marine est toujours aussi déjantée xD J'en ai validé quelques un mais pas encore eu le temps de répondre. D'ailleurs en parlant de ça, est-ce que la façon dont je réponds aux coms vous convient ou vous avez du mal à vous y retrouver ? (Je réponds aux coms sur l'article où ils ont été postés). J'ai remarqué aussi, que je ne répondais pas forcément à tous les coms ou que j'en oubliais des fois (merci ma mémoire de poisson rouge ou ma vision de taupe !), si jamais vous attendez une réponse et que je n'ai pas répondu, n'hésitez pas à me faire remarquer !

Au fait Mélo chérie, est-ce que j'aurais pas oublié de répondre à un des tiens  {#} Rappelle moi à l'ordre si c'est le cas  {#}

J'ai fait une méga bourde dans le scénario xD Ne dites pas "ça ne m'étonne pas !"  {#} 

Oui, donc, comme je disais, bah tous les persos ont des noms américains, normal vu que c'était sensé se passer aux états unis, mais le soucis c'est que j'ai mis Kurt en Terminale L et que le programme d'histoire est basé sur le programme français, pis toute l'organisation scolaire aussi... {#} Alors, leurs noms aux consonances américaines, ne sont pas dû à des origines de là bas (à part Kurt) mais à une méga connerie de ma part xD

Et, effectivement, je n'ai pas encore fait de description physique de Kurt {#} Je vais essayer de répondre aux coms demain et de vous faire ça de façon présentable xD

 

 

 

On frappe à la porte, je soupire. Qui peut bien venir me déranger à cette heure là ? On peut jamais être tranquille ici ! Je me lève de mauvaise grâce et ouvre la porte… pour tomber sur Matthew. Euh… qu’est-ce qu’il fout là ? Adossé nonchalamment à la porte, un bras replié derrière sa tête, il me fixe, un sourire aux lèvres. En baissant les yeux sur sa chemise, je découvre qu’elle moule parfaitement son torse et qu’un morceau de peau blanche très attrayante dépasse négligemment en haut, là où les boutons sont volontairement laissés ouverts. Je commence à avoir très chaud d’un coup. Il le fait exprès ou quoi ? Je relève la tête et son sourire ironique me dit qu’il n’a rien manqué.

      Euh… bonsoir. Vous… vous voulez quelque chose ?

Ah c’est pas vrai, maintenant je bégaie ! Manquait plus que ça. Je dois vraiment passer pour un con là !

      En effet. Je peux entrer ? Répond-t-il sûr de lui.

Haha, pendant une seconde j’ai cru qu’il répondait à ma stupide conscience...

      Ben… euh… ouais.

Réponse encore plus intelligente que la précédente ! Je pourrais battre des records dans ce domaine. C’est impossible d’avoir l’air plus empoté ! Je me pousse pour le laisser passer et trébuche sur mon sac qui traine dans l’entrée. Je m’étale par terre en étouffant un cri de surprise. Si… c’est possible. Remarquez, dans mon cas, tout est possible. Alors, avoir l’air plus stupide que je ne le suis déjà n’est pas franchement mission impossible. Ça fait beaucoup de « possibles » quand même. La porte claque et il se penche vers moi, m’attrape par les épaules et me relève.

      Bah alors ? Tu tiens plus debout ? Me lance-t-il un sourcil levé.

Euh… c’est moi ou sa phrase est à double sens ? Nan parce que, celle là il aurait pu la garder pour lui. Je veux dire, j’ai déjà remarqué tout seul que depuis qu’il est devant ma porte je fais n’importe quoi. Pas la peine de m’enfoncer plus. Ouais, c’était pas franchement ce que je voulais dire… Dans le genre phrases ambigües je suis pas mal aussi… Sans commentaire. Je vous entends déjà rire.

Je le regarde, interrogateur. Il veut quoi en fait ? Il observe mon salon minutieusement. Ça va lui servir à quoi ? Faire les plans ? Il a l’intention de planquer de la drogue chez moi ? Si les flics débarquent je serais dans la merde totale là ! Incapable de retrouver moi-même ce qu’il a planqué.

Mais qu’est-ce que je raconte moi ? C’est n’importe quoi ! Ouais, mais dans ce cas, il cherche quoi ? Je me retourne et regarde mon beau bordel. Enfin, notre bordel. Parce que, c’est peut-être mon appart’ mais ce sont les affaires de Kay que je vois partout. Et, effectivement ça peut être assez déconcertant. Même moi en ce moment, je me demande comment on fait pour vivre dans un bazar pareil. Faut vraiment que je pense à dire à Kay de ranger ses affaires.

      C’est à toi tout ça ? Demande-t-il ébahi.

      Pas totalement. Je dirais, un quart oui, le reste non.

      Ah bon ? Tu vis pas tout seul ?

      Kay vit un peu ici aussi.

      Et qu’est-ce qui est à toi dans ce cas ?

      Euh… les murs… les meubles. J’observe moi aussi tout ce qui est entassé ici pour tenter d’apercevoir un truc à moi. Hum… le sol ? J’ajoute sur un ton interrogateur.

Ses affaires ont tellement envahis mon espace vital que je ne suis même plus sûr que le sol m’appartienne, tant il est noyé sous les trucs de Kay.

      Il vit un peu ici ? Il n’a pas plutôt emménagé ?

      Mouais… vous vouliez quoi en fait ?

Il pose son regard sur moi et c’est seulement maintenant que je me rends compte que j’ai balancé mon tee-shirt quelque part dans la pièce avant de m’endormir. J’ai vraiment chaud et pourtant la température ne doit pas frôler les 17 degrés. Il ne semble pas décidé à regarder ailleurs et moi je commence à transpirer tellement j’ai chaud. J’ai l’impression d’être une glace qui fond sous le regard insistant du soleil. Je vais finir en flaque sous la table si ça continue. J’aimerais jeter un œil à mon salon pour chercher mon tee-shirt mais, mes yeux ne m’obéissent plus et détaillent Matthew. Le noir lui va très bien mais le gris aussi. Cette couleur fait ressortir le bleu profond de ses yeux, je trouve. Il est vraiment sexy, rien à redire là-dessus. J’avale difficilement ma salive. Je dois être aussi rouge que mes rideaux couleur cerise maintenant. J’ai du mal à respirer. Va falloir qu’il dégage de là sinon, je vais pas tarder à perdre le contrôle et à lui sauter dessus. J’ai déjà perdu mes yeux, le reste va y passer aussi dans les minutes qui suivent s’il reste planté là, devant moi, toujours aussi tentateur que le premier jour de « notre rencontre ». Mais, contre toute attente, il avance et, hypnotisé par son charisme, je lève la main. J’ai envie de le toucher. Il faut que je touche. Sinon je vais devenir fou. Sa peau, et son corps en général, exercent une attirance irrésistible sur moi. L’urgence de l’envie de ce contact me fait presque mal. Il regarde ma main venir vers lui et s’avance vers moi, pose ses doigts dans ma nuque et m’embrasse. Mon cerveau vient d’être déconnecté de mon corps (comme s’il y avait été connecté un jour…) Les questions « il se passe quoi ? » ou « Pourquoi il fait ça ? » n’ont même pas le temps de me traverser l’esprit. Il passe sa seconde main sur mon torse et je me sens me consumer. Je pensais qu’en effleurant sa peau, mon désir douloureux se calmerait mais, c’est tout le contraire. Il devient de plus en plus violent au fil des secondes. Un feu brûlant embrase mes sens quand sa main s’aventure vers mon jean. Je me cambre en avant et colle mon bassin contre le sien. Ses lèvres, douces et tentatrices, dévient vers ma clavicule et je m’accroche à sa taille tellement je tremble. J’ai l’impression que je vais exploser avant même qu’il n’ait ouvert ce maudit pantalon qui me compresse. Il descend doucement ma braguette et se colle à moi. Je défais les boutons de sa chemise, prit d’une envie irrépressible de le toucher. Il me sourit. Mes lèvres rencontrent les siennes dans une étincelle qui nous enflamme tous les deux. Je sens très clairement son désir à travers son jean. Identique au mien. Violent. Incontrôlable. A en perdre la tête. Ses doigts s’aventurent sous le tissu, devenu gênant, qui protège ce que j’ai de plus « mâle ».

Une mélodie retentit. Il lève la tête, me sourit et une sorte de brume blanche vient voiler son visage. Je me frotte les yeux pour retrouver une vision nette mais, il commence à devenir transparent. C’est quoi ce bordel ? Une illusion d’optique ? J’essaye de l’attraper mais mes doigts passent à travers son corps. Mes yeux s’ouvrent comme des soucoupes quand je comprends qu’il est entrain de disparaître. Il ne peut pas partir maintenant ! Je hurle son nom et tends les bras en avant mais il n’est déjà plus là.

Une seconde sonnerie stridente me réveille en sursaut. Mes yeux s’entrouvrent vaguement et cherchent des repères. Complètement perdu, je cherche Matthew du regard avant de comprendre que je rêvais. C’était trop beau pour être vrai aussi. J’aurais dû m’en douter. Ma tête retourne percuter le dossier du canapé avant que mes paupières ne reprennent leur position originelle. Une énième sonnerie retentit dans mon appart’, me faisant ouvrir les yeux, et, accessoirement reprendre conscience que le connard qui appelle a interrompu un rêve d’un érotisme fabuleux ! Saloperie de téléphone ! J’étais si bien ! D’accord, je me suis ridiculisé à mort mais, au moins Matthew était là et… ça avait l’air si réel. Je prends mon portable dans un élan de rage et décroche avant d’étouffer un hurlement. Tourner la tête est devenu une vraie torture. Mais pourquoi je me suis endormi ici ? Je le savais ! C’était obligé que je me lève avec un torticolis mais non…. Qui peut bien m’appeler à une heure pareille ? Qui a bien pu me faire sortir de ce sublime rêve ?

      Quoi ? Je grogne.

      Allo ? Kurt ? Me répond une voix fluette.

      Mouais ?

      C’est Julian. Kay est dans un sale état. Il tient même plus debout. Tu… tu peux pas venir le chercher ?

      Putain ! J’suis pas sa baby-sitter !

      Désolé mais, j’savais pas qui appeler. J’peux quand même pas appeler son père ?

      J’arrive. T’es où ?

      Dans le square.

Nan mais c’est pas possible ça ! Il ne peut pas s’empêcher de faire des conneries ! J’attrape ma veste et me rends compte que mon salon est en ordre. Rien ne traine autre que trois tee-shirts sur des chaises et deux capotes sur la table basse. Je souris avant de sortir et de claquer la porte. Je marche rapidement pour atteindre le square. Enfin, rapidement… C’est un grand mot. Vous avez déjà essayé de traverser votre quartier avec la tête bloquée ? Non ? Bah essayez un jour vous comprendrez mon supplice. Et puis, qu’est-ce qu’ils foutent dans le square ? Cet imbécile a réussi à le trainer de Paris au square mais a été incapable de faire dix mètres de plus ? Bon ok… pas dix mètres, deux cent. Mais, on s’en tape ! Quand j’arrive, il est seul avec le fameux Julian. Il est allongé par terre et lance des phrases sans queue ni tête. Je m’accroupis à côté de lui. Mais pourquoi est-ce que je ne suis pas allé avec lui ?! Peut-être parce que je pensais qu’il était assez grand pour se prendre en main tout seul ? Apparemment pas… Qu’il s’était calmé ? Quelle erreur ! Ce qui est certain, c’est que maintenant, il ne sortira plus sans moi sur les talons. Je ne comprends pas, d’habitude tout va très bien, et le seul jour où je ne viens pas avec lui, il fini encore plus bourré qu’il ne l’a été en un an !

      Qu’est-ce que t’as fait Kay ? Pourquoi t’as encore trop bu ?

Il marmonne des paroles inintelligibles. Ouais, continue comme ça, c’est sûr que je vais te comprendre…

      Et qu’est-ce que vous foutez ici vous deux ? Je demande au gamin.

      Ben… on avait prévu de… Il n’achève pas sa phrase mais ses joues rouges la terminent pour lui.

      Mais t’as quel âge ? T’es pas un peu trop jeune pour ça ?

      Non, j’ai dix-huit ans !

      Ah ouais ? Tu fais quoi dans la vie ?

      Euh… je suis encore au collège. Enfin, au lycée je veux dire.

      Quel lycée ?

      Anne Frank.

      Bizarre.

      Pourquoi ?

      J’y suis et je t’ai jamais vu là bas !

 Je saisis Kay par les bras et le soulève pour le mettre debout.

      Viens m’aider au lieu de regarder !

Le môme s’exécute et Kay finit dans mes bras. Je m’éloigne sans plus m’occuper du gosse et ramène mon ami dans mon immeuble. Une vraie galère si vous voulez mon avis ! Il est pas léger et avec le cou bloqué, je peux pas faire grand-chose. Sur le palier, à bout de souffle, je le pose sur ses jambes tout en le soutenant par les bras. C’est qu’il est lourd lui, malgré sa peau sur les os. Il aurait d’ailleurs bien besoin de se remplumer ! Enfin, pas s’il a l’intention de revenir comme ça souvent, parce que pour le monter chez moi ça risque d’être comique. Déjà que j’ai du mal avec ses soixante kilos tout mouillé… S’il prend du poids, j’arriverais jamais à l’amener jusqu’ici et on finirait par dormir dehors. Nous arrivons bientôt devant ma porte où Kay s’écroule et m’entraine dans sa chute. Je tombe au dessus de lui, un genou par terre et le secoue.

      Ça va Kay ?

      Hum… impec’. Murmure-t-il d’une voix pâteuse.

Je me relève rassuré mais boitillant. Je ne suis pourtant pas si douillet d’habitude mais, là ma rotule brûle légèrement. Boaf, c’est pas avec dix centimètres que j’ai pu me la fouler, hein ? Je déverrouille ma porte et l’ouvre, sur une jambe. C’est que ça me fait un peu mal cette connerie quand même.  

 

 

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Chapitre 6 (partie 2)  (Cours Particuliers [en cours]) posté le dimanche 30 août 2009 01:00

 

 

 

      Kurt ? T’as besoin d’aide ?

Je me retourne et découvre Stephenson qui regarde Kay. Euh… est-ce que c’est une bonne idée ? Non, parce que là, ça risque d’être assez gênant. Je suis déjà entrain d’imaginer ses mains sous mon tee-shirt. Heureusement qu’il ne me regarde pas parce que je dois surement être d’une jolie couleur pivoine. Mais, c’est sûr qu’à deux ça serait plus facile, surtout avec mon genou douloureux…

      C’est pas de refus ! Je lui réponds avant d’avoir réfléchit.  

Je relève Kay et l’attrape par une hanche pendant qu’il lui saisit l’autre. C’est une idée ou nos doigts se frôlent ? Oh, non, il faut que j’arrête de penser à ça ! C’est pas le moment. Kay est dans un état proche du pitoyable et moi je pense à ma libido en ébullition… Nous entrons dans mon appartement et je ferme la porte d’entrée d’un coup de pied. Nous avançons tant bien que mal jusqu’à ma chambre et déposons Kay sur le lit où il s’écroule lamentablement. Je le recouvre avec ma couette avant de retourner dans l’entrée.

      Merci.

      De rien.

Il s’arrête, ouvre la bouche, hésite puis, fini par me demander :

      Ça lui arrive souvent ?

      Malheureusement.

Je fais une pause, il ne dit rien. Je regarde l’horloge : déjà 6h30 ! Je me dirige vers la cuisine et entends ses pas qui me suivent. Il se positionne derrière moi et enlace ma taille de ses mains. Ses lèvres se posent délicatement dans mon cou où sa langue commence à tracer de légers sillons voluptueux. Hum…

      Vous voulez boire quelque chose ?

Il regarde sa montre et hoche la tête.

      Je veux bien du café s’il te plaît. De toute façon, vu l’heure qu’il est ça ne servirait à rien de tenter de me rendormir.

      C’est sûr.

Je branche la cafetière et la met en route. Voilà, dans seulement quelques minutes nous aurons du café bien chaud ! Oh mon Dieu ! On dirait que je fais de la pub pour une cafetière ! Sa couleur noire et discrète est passe partout. Idéal pour la mettre dans un coin ! Elle est si moche que ça qu’il faut déjà la planquer ?

Je m’assois à la table de la cuisine, face à lui.

      Qu’est-ce qui s’est passé ?

      Kay ne sait pas s’arrêter de boire. Je soupire.

      Et tu ne l’as pas empêché d’aller trop loin ?

      J’étais pas là. Je réponds en grimaçant.

La sonnette retentit. Bizarre. Qui peut bien encore me faire chier ? C’est la fête aujourd’hui ? Qui a prévenu tout le monde que c’était soirée portes ouvertes chez moi sans me mettre au courant ? Je m’excuse, me lève et vais ouvrir la porte.

C’est Julian qui tremble de tous ses membres sous mon regard noir.

      Qu’est-ce tu veux ?

      Je… je… Kay a perdu ça. Marmonne-t-il en me tendant un  porte feuille.

Je le prends sans rien dire et le toise froidement.

      C’est tout ? Demandé-je, glacial.

      Ou… oui. Bégaie-t-il.

      Alors qu’est-ce que tu fous encore ici ?

Julian me regarde terrifié, il ouvre la bouche, hésite puis la referme.

      Qu’est-ce qu’il y a encore ?

      Est-ce que… est-ce qu’il va bien ?

      Ouais, et c’est pas grâce à toi.

Je claque la porte, les dents serrées. S’il avait fait attention à sa consommation, on n’en serait pas là ! Je marche jusqu’au fond du couloir, ouvre la porte de ma chambre et observe Kay qui dort comme un bébé. Je soupire. Il a beau faire toutes les conneries possibles et inimaginables, il arrive toujours à s’endormir n’importe où. J’aimerais bien pouvoir faire de même. Je referme la porte et retourne dans la cuisine. Le café est prêt, je le verse dans deux tasses, en silence. J’en dépose une face à lui et l’autre devant moi, avant de m’asseoir.

      C’était qui ?

Bien curieux le prof d’histoire ! En même temps, il a dû m’entendre hurler sur Julian. Tout l’étage a dû m’entendre d’ailleurs…

      Le môme qui m’a ramené Kay dans cet état. Je grogne de mauvaise grâce.

      Au moins il te l’a ramené.

Je m’adosse au siège et contemple le plafond en me brûlant la gorge avec mon café bien trop chaud.

      Il était avec lui. Il aurait dû le surveiller, faire attention à lui. Je murmure dans un souffle.

      Et toi ? Pourquoi n’étais-tu pas avec lui ?

      J’voulais pas sortir et puis… J’pensais pas que ça se finirait comme ça. Il s’était calmé depuis quelques temps.

      Tu sais, je comprends que tu sois énervé contre le gamin mais, c’est pas la peine de lui hurler dessus. Il t’a appelé alors qu’il aurait très bien pu le laisser là où il était. (*)

Je soupire.

      Au moins il ne lui est rien arrivé de grave. Il se réveillera juste avec un mal de crâne terrible.

      T’as l’air vachement protecteur avec lui.

      Faut bien. Dis-je en posant mon regard sur lui. Sinon qui le fera ? Sûrement pas lui !

      Pourquoi ?

      Parce qu’il ne pense qu’à se foutre en l’air. Il n’en a plus rien à foutre de rien.

Il me fixe avec une gravité impressionnante.

      Il a pourtant l’air enjoué.

      Ce n’est qu’une façade.

      Qu’est-ce qui lui est arrivé ?

      Ça, ce n’est pas à moi de vous le dire. Il en parlera s’il le souhaite.

Je regarde ma tasse, elle est vide. Je me lève et la nettoie pour ensuite la mettre dans l’égouttoir. Je me retourne. Il n’a pas bougé, il m’observe.

      Tu ne seras pas toujours là pour veiller sur lui.

Je grimace. Ça je ne le sais que trop bien malheureusement.

      On verra à ce moment là.

Je sors de la cuisine, il me suit. Je m’installe dans le canapé et allume la télé. Je sens les coussins s’affaisser sur ma droite. Il s’est assis à côté de moi et fixe l’écran les yeux dans le vague. Un léger frisson me parcours. Je ne peux pas m’empêcher de le dévisager. Il est vraiment beau. Vaudrait mieux que je me déplace sinon, je risque de lui sauter dessus d’un moment à l’autre ! Comme cette nuit dans mon rêve… Je baisse les yeux et c’est seulement maintenant que je remarque son tee-shirt. Un sourire sarcastique vient étirer mes lèvres. J’hausse un sourcil et pointe son torse du doigt.

      Vous avez vraiment l’intention d’aller travailler en revendiquant votre adoration pour Murderdolls ? On va croire que vous cherchez à monter une secte gothique voire satanique.

Il sort de sa contemplation muette et baisse la tête pour regarder ses vêtements, puis esquisse un léger sourire avant de me regarder.

      J’ai toujours une chemise de rechange dans mes affaires.

J’hoche vaguement la tête puis la pose sur le dossier du sofa avant de soupirer de lassitude. Je ferme les yeux et ressens toute la fatigue de la journée et de la soirée me submerger. C’est étrange, je l’ai toujours vu si élégamment habillé que le voir en tee-shirt me déconcerte quelque peu. Il faut dire que les chemises lui vont si bien… si faciles à enlever aussi… juste des boutons à faire sauter. Je me sens lentement partir, j’ai l’impression de m’affaisser sur la droite mais comment en être sûr ? Je ne suis déjà plus conscient de ce qui se passe.

 

      Kurt ?

J’ai comme l’impression que quelqu’un m’appelle, non ?

      Hey ! Kurt ?

Je bouge légèrement. C’est bizarre. Je ne me souvenais pas que mon matelas était si dur ni qu’il sentait si bon.

      KURT ! T’es où ? T’as laissé ton putain de réveil allumé !

J’ouvre les yeux et découvre avec stupeur que je me suis endormi sur l’épaule de mon prof d’histoire. Voilà pourquoi c’était si dur. Son os me rentrait dans la joue ! Ses yeux commencent à papillonner comme les miens d’ailleurs.

      Ah euh… excusez-moi….je… Bégaie Kay, visiblement mal à l’aise.

J’entends des bruits de pas qui s’éloignent et une porte qui se referme. Je lève la tête et croise le regard bleu endormi de Matthew. Ça ne doit pas faire très longtemps qu’il est réveillé parce qu’il a l’air aussi défoncé que je dois surement l’être. Je me lève et m’apprête à aller rejoindre Kay dans ma chambre. Je me retourne et le dévisage. Il affiche un air impassible. Impossible de savoir à quoi il pense. Je devrais peut-être dire quelque chose, non ?

      On a dû s’endormir.

Quelle perspicacité… Bravo Laurel et Hardy ! Bah quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ? Vous avez jamais donné de surnom à vos neurones ? Bon, faut dire que j’en ai que deux en état de marche alors c’est pas compliqué… Et puis, y en a pas un pour rattraper l’autre…

      Ouais, apparemment. Répond-il avec un petit sourire.

      Je vais voir comment va Kay.

Son regard se dirige vers l’horloge.

      Dépêche-toi alors, parce qu’il va falloir y aller. Je te dépose si tu veux.

Effectivement, il est déjà 8h ! Heureusement qu’on n’habite pas trop loin du lycée !

 

 

(*) Merci Léonie ^^


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Chapitre 7  (Cours Particuliers [en cours]) posté le lundi 14 septembre 2009 19:20

Petit chapitre ne servant pas à grand chose mais, je vous ai mis une courte description physique dedans {#} En même temps, inclure une description physique du narrateur dans un texte à la première personne c'est pas si simple hein, vous avez l'habitude vous de vous regarder dans le miroir et de détailler tout votre visage ? {#} Moi pas en tout cas {#} 

Enfin, bref, sinon, je vous annonce que je viens d'entrer en terminale L donc je risque (c'est même plus un risque là, c'est meme une certitude {#} ) d'avoir moins de temps personnel, ce qui veut dire que je ne posterais plus aussi régulièrement qu'au début de cette histoire {#} Mais bon, je ferais de mon mieux, on verra bien ce que ça donnera. 

Sinon, j'ai déjà la moitié du chapitre suivant alors normalement il ne devrait pas tarder. Mais bon, je ne vous promet rien vu comment je croule sous le boulot {#}



J’entre dans ma chambre et découvre Kay sur mon lit, le visage sous mon oreiller, comme s’il cherchait à se cacher de la réalité. Comme si quelque chose l’horrifiait tellement qu’il tentait vainement de faire l’autruche.

     Alors, tu vas mieux toi ?

Il sursaute mais n’enlève pas pour autant le coussin de son visage. Je m’approche de lui et m’assieds sur le matelas.

      Hey ? Ça ne va pas ?

J’attends patiemment qu’il se décide à me répondre de lui-même. Je ne veux pas le forcer. Je ne sais pas ce qu’il a, et le brusquer ne ferait qu’aggraver les choses.

      Désolé de vous avoir dérangé. Finit-il par souffler après plusieurs minutes.

      Dis pas n’importe quoi.

      Vous aviez l’air bien occupés pourtant. Dit-il d’un ton qui me paraît accusateur.

      On s’est juste endormis. D’ailleurs, heureusement que tu nous as réveillé parce que, sinon, on aurait été en retard au lycée.

Il ne répond pas. Le silence s’éternise. Ce n’est pas normal. Kay est très bavard, il y a quelque chose qui ne va pas. Je me penche doucement sur lui.

      Qu’est-ce qui ne va pas ? Je murmure.

Toujours pas de réponse. Je retire délicatement l’oreiller de son visage et le découvre baigné de larmes. J’avais raison, quelque chose ne va pas. Je le prends dans mes bras pour tenter de le calmer mais, des sanglots étouffés s’échappent de sa gorge.

      Qu’est-ce qui se passe Kay. Je lui demande tout bas en commençant à le bercer.

     Rien. Bégaie-t-il. J’en ai juste marre de finir dans cet état.

Faux. Il ne sait pas mentir. Mais bon, je n’insiste pas. Il ne veut pas me le dire, j’attendrais patiemment qu’il vienne me le dire de lui-même. Alors, pour le moment je joue le jeu.

      T’inquiète pas, il ne s’est rien passé de grave. Heureusement. Je ne te laisserais plus boire comme un trou. Promis.

Kay resserre son étreinte et je continue de le bercer en silence. Je n’aime pas le voir ainsi. Quand il est joyeux, il ne l’est pas forcément entièrement, mais il au moins, il a le sourire. Il devait forcément craquer un jour… C’est paradoxal, je n’aime pas le voir ainsi mais je ne veux pas le brusquer. Lui demander sans cesse ce qui ne va pas ne serait pas forcément lui rendre service vous ne croyez pas ?

            La porte s’ouvre brusquement, me faisant sursauter.

      Excusez moi mais, Kurt, faut y aller, on va être…

      Allez-y, moi je reste ici.

      Très bien…Hésite-t-il. Je repasserais ce soir voir si tout va bien.

      Ne vous en faites pas pour nous, ça ira.

La porte se ferme doucement et nous restons là, en silence. Kay finit par s’endormir et moi aussi…

 

            J’ouvre lentement les yeux et découvre ma chambre plongée dans l’obscurité. Je tente de me relever mais, Kay est accroché à moi comme si sa vie en dépendait. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qui peut bien le tracasser. Il n’a jamais été comme ça. Mais, peut-être d’anciens souvenirs remontent-ils à la surface ? Ça ne serait pas étonnant d’ailleurs, il les a refoulé tellement longtemps, qu’il fallait bien qu’ils ressortent un jour. Ou alors sa situation familiale désastreuse ? Je me demande d’ailleurs comment il a fait pour tenir aussi longtemps sans craquer ! Il est plus fort que je ne le croyais. Bien sûr, au début il a fait pas mal de conneries mais, ensuite il s’est calmé. Je pense que sa sœur y est pour quelque chose mais, je n’en suis pas vraiment sûr. Il m’en parle si peu ! Il m’a fait part de sa situation un soir de beuverie. En était-il pleinement conscient ? Aucune idée. En tout cas, on sait tous les deux que je suis au courant mais, il n’en parle jamais. Je le comprends. Ça doit être assez douloureux. Tout ce que je sais c’est que sa sœur est une fille bien. Elle a toujours été là pour lui, dans la limite de ses moyens. Je ne la connais que très peu. Je n’ai jamais vraiment été chez Kay, et je n’ai jamais cherché à y aller. Je sais que c’est difficile pour lui. Même s’il ne le montre pas.

Un horrible et sonore gargouillement crève le silence de mort qui règne dans la chambre.  Mon estomac crie son mécontentement. C’est compréhensible : J’ai rien mangé depuis hier soir. Je me libère délicatement pour aller faire un tour dans la cuisine, ouvre le frigo, farfouille parmi les différentes étagères croulants sous le vide ambiant. Il n’y a quasiment rien dans ce truc. A quoi il sert s’il n’y a rien dedans ? Faut vraiment que j’aille faire des courses ! Les deux pommes, alternants entre le vert et le marron, la tranche de jambon à moitié entamée – merci Kay – et le yaourt à la fraise, dont la date est dépassée depuis bientôt 3 jours, ne me tentent guère. Je referme la porte de cet engin sympathisant avec cette abomination qu’on appelle famine, et me dirige vers les placards. Aurais-je plus de chance, ou eux aussi ont été admis dans cette nouvelle secte qui cherche à me faire tomber d’inanition ? J’ouvre le premier face à moi. Vide. Pas de bol. Le second. Vide. Mauvais karma. Le troisième. Trois cartons d’emballage de yaourts. Sans les yaourts bien sûr. Pourquoi ais-je rangé des cartons dans un placard ? La poubelle je connais pas ? Quatrième. Vide. Combien y a-t-il de partisans anti-Kurt dans cet appart’ à peine plus grand que ma poche ? Cinquième. Un emballage de paquet de gâteaux. C’est une mutinerie ? Je passe sous l’évier. Sixième. Une vielle éponge desséchée. Combien de traîtres ? Septième. Une boîte de conserve. Victoire ! Je la sors, très fier. Des haricots verts. Je fais la grimace. Je hais les haricots verts ! Pourquoi y en a-t-il dans mon placard d’ailleurs ? Pourquoi j’en aurais acheté alors que je ne peux même pas en voir en peinture ? Remarque, qui irait peindre des haricots verts franchement ? Qu’est-ce que ça a d’intéressant ces trucs longs et verts ? Un énième grognement résonne contre les parois de la cuisine. Mon estomac se rebelle encore. Tant pis, ce sera les haricots. J’ai vraiment trop la dalle. J’ouvre la boîte et la verse dans une assiette. Une odeur nauséabonde m’emplit les narines. J’ai toujours haït l’odeur de ces légumes verts immangeables. Mais, je ne me souvenais pas que ça sentait si mauvais ! Je repêche la boîte dans la poubelle et l’observe sous toutes les coutures. Apparemment la date de péremption se trouve sous le cylindre d’aluminium. Je souris en me rappelant qu’étant petit je disais « date de périmation ». Ma tante me rappelait sans cesse à l’ordre et j’adorais continuer pour la voir s’agacer et finir par sourire en comprenant que je la faisais marcher.

Un léger bruit me sort de ma rêverie. Comme si de l’eau coulait en petite quantité. Je fronce les sourcils me demandant d’où cela peut bien venir. Kay dort encore et le bruit est trop près pour que ce soit les canalisations des voisins. Je baisse la tête, réfléchissant à ce que ça pouvait bien être. Une toute petite flaque à mes pieds attire mon attention mais sans plus. Qu’est-ce qui peut bien couler dans cet appartement alors que personne n’utilise l’eau ? De toute façon, le bruit est bien trop léger pour que ce soit une quelconque sortie d’eau. Une fuite ? J’espère que non ! Ça me couterait bien trop cher en réparation ! C’est seulement au moment où tout redevient silencieux, emportant mes craintes au loin, que mon esprit bloque sur la flaque à mes pieds.

      Merde ! Je jure en redressant l’objet du délit.

Maintenant, mes baskets et le bas de mon pantalon sont maculés de sauce d’haricots verts ! Et quelle odeur merveilleuse s’en dégage ! Je peux vraiment faire des choses stupides quand je ne pense pas avant d’agir ! Rêveur. Trop rêveur ! Mon inattention me coutera un jour ! Retourner une boîte de conserve au dessus de l’évier n’était surement pas assez flagrant pour moi ! Il faut tout de même que je vérifie cette maudite date de péremption. Je ne tiens déjà pas à manger ces légumes diaboliques alors des périmés… tomber malade ne me tente guère. Être alité est un calvaire en soi. Rester à ne rien faire n’est pas pour moi. J’ai du mal à rester en place. Et puis, la console, c’est bien un moment mais ça devient vite lassant…

            Euh… 20 Avril 2009 ? C’est une blague ? Tout le monde s’est ligué contre moi dans cet appart’ ! Comment ça se fait qu’il n’y ait rien de mangeable ici ? On a bien dû manger quelque chose quand même les jours où on créchait ici ! J’essaye de me remémorer nos repas. Plutôt difficile. Tout ce que je me rappelle, ce sont des emballages de pizzas ou des sorties en boîtes parfois le ventre vide. Depuis quand n’ai-je pas prit un vrai repas ? Je ne me souviens même plus ! Il faut vraiment que je me reprenne en main !

Bon, bah j’ai plus qu’à aller faire des courses. J’entre dans la salle de bain pour changer de jean. Je ne vais quand même pas sortir comme ça ! J’attrape ma veste et me dirige vers ma chambre. Il dort toujours. Mon regard accroche la pendule : 17h. Je laisse un mot sur la table de la cuisine et me poste devant le miroir de l’entrée histoire de voir si je ne risque pas d’effrayer tout le monde. Mais, ça peut aller même si mes cheveux noirs plus ou moins longs sont en bataille (dois-je préciser que c’est habituel chez moi ?), et que mes yeux noirs sont aussi dilatés et rouges que si j’avais fumé 3 joints d’affilée. Je passe une main dans mes mèches rebelles et sors.  Le Leader Price est seulement à 10 min à pieds. Ça devrait aller. Je devrais être rentré dans moins d’une heure.

 

 

Tout le monde veut inviter Kurt à manger chez soi mais vous oubliez un peu Kay non ? XD Qui va le nourir celui là ?

Mélo ~~> En gros on a une histoire qu'avec des boulets XD

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Chapitre 8  (Cours Particuliers [en cours]) posté le lundi 28 septembre 2009 20:52

 

 

Hello {#}

Vous allez bien ? J'avoue que sur ce coup là j'ai un peu trainé mais ça fait une semaine que je cherche un petit moment pour pouvoir recopier ce chapitre ! Mais, j'ai pas une minute à moi {#} C'est l'horreur.

Enfin bref, j'ai coupé ce chap en deux parce que, sinon, il était vraiment trop long. Promis dans le prochain ça va bien bouger {#}

Bon, j'avoue que je n'ai relu ce chapitre que partiellement donc, il est possible que de petits soucis trainent ^^'

 

 

 

 

Ça va faire pratiquement deux heures que je suis là et je commence sérieusement à en avoir plus que marre. Trente minutes pour tourner dans les rayons, à remplir mon cadi − quel mot affreux soit dit en passant – de tout ce qu’il me faut – et ce qu’il ne faut pas aussi d’ailleurs – et une heure d’attente à la caisse de cette assistée sans cervelle qui sert de caissière. Cette pauvre conne a fait passer seulement trois clients devant moi, passant dix minutes à scanner chaque putain d’article, trop occupée à me lancer des œillades sensées, surement, être aguicheuses et brûlantes mais, qui me faisaient plus penser à celles d’un poisson qui se noie dans son propre bocal et, accessoirement, qu’elle était plus attardée mentale que je n’avais pensé à première vue, et auxquelles je répondais par un regard froid et lourd de reproches qui lui hurlaient « Mais bouge tes grosses fesses connasse et occupe toi de ton travail, j’ai pas l’intention de camper ici moi ! ». Ouais, je sais un peu long pour un message subliminal mais c’est franchement ce que je pense en la voyant s’efforcer de ressembler à un poisson mort. Regard qu’elle ne paraît pas comprendre comme tel d’ailleurs, puisqu’elle continue de plus belle en insistant de plus en plus. Faudrait peut-être que je me colle un panneau sur le front « Gay » pour qu’on ma lâche la grappe !

Elle commence à scanner mes courses avec une lenteur exaspérante, en me lançant un « bonjour » enjoué, d’une voix qui se veut sans doute rauque et sexy mais que je trouve plus proche du croassement. Celle là n’a vraiment pas de bol ! Elle ressemble à un poisson mort, parle comme un crapaud et a un QI surement aussi élevé que celui d’une huître. Mais qui l’a sorti de l’eau que je l’égorge ?? Elle pouvait pas continuer à croupir tranquillement dans sa mare au lieu de faire chier tout le monde ?

Je suis à deux doigts d’exploser. Y en a vraiment ras le bol ! Il n’y a peut-être pas tant de monde que ça – remarque, je comprends le découragement des clients devant l’incompétence du personnel – mais, il n’y a – pour mon plus grand malheur – qu’une seule caissière – enfin, caissière est un bien grand mot pour qualifier ce croisement blond de plusieurs espèces marines (je me demande même comment ils ont pu copuler à trois ceux là) – et, elle doit bien être la seule de l’univers à ne pas savoir se servir de cette putain  de machine, qui lui fait face et qui est le seul objet du magasin – encore heureux – dont elle est sensée savoir se servir. Elle doit bien être la seule à avoir besoin d’appeler de l’aide tous les cinq articles. Comment peuvent-ils embaucher des incapables pareilles ? Ils manquent de personnel ? Personne ne pose de CV chez eux ou quoi ? Pour choisir une gourde pareille ça doit être la seule solution. Ou alors c’est la fille du patron et elle voulait un job pour gagner du fric. Si c’est ça elle aurait mieux fait de continuer à demander de l’argent de poche à papa-maman !

Elle n’a pas encore passé trois articles qu’il faut qu’elle change son putain de rouleau de papier à tickets de caisse. J’ai une chance incroyable ! Après dix minutes à chercher comment ce truc se met dans la machine alors que tout le monde l’a compris depuis une heure, je n’en peux plus. Je vais craquer. Les nerfs à vif, je lui prends le rouleau des mains – je me retiens de ne pas le lui arracher – et le mets en place dans sa machine de malheur en trente secondes top chrono. Elle me remercie avec un sourire lumineux qui me donne la nausée. Assez exaspéré comme ça, je lui réponds seulement par un grognement préhistorique. Elle ne remarque même pas mon agacement et continue son espèce de système de « drague » pitoyable. Il n’y a vraiment aucun mec dans son putain – Ouais, je sais ça fait beaucoup de « putain » mais, je suis pas vraiment en état de contrôler mon vocabulaire ! – de bled pour qu’elle se mette à « draguer » le premier mec qui se pointe ? Elle vit sur qu’elle planète c’te meuf ? Franchement ?

Allez, courage ! Plus qu’une dizaine d’articles et je serais enfin libre ! Si elle me refait une connerie, je sens que mes nerfs ne tiendront plus très longtemps. Elle ne peut quand même pas faire une connerie avant la fin de mon passage quand même ?! Elle ne peut tout de même pas être si conne que ça !

 

Et là… sous mes yeux… la caisse s’arrête de fonctionner. Toutes les petites loupiotes s’éteignent toutes en même temps. J’ai comme l’impression que mon sang se fige dans mes veines. Apparemment j’ai réussi à surestimer les capacités intellectuelles de cette pauvre fille sans jugeote. Une seconde blonde – que j’espère moins conne que la première – arrive perchée sur des patins à roulettes et commence à démonter la caisse sous mon nez, pour aller tripoter des boutons à l’intérieur. Après cinq bonnes minutes penchée sur la machine, elle appelle un autre gars à la rescousse puis une fille. Purée, me dites pas qu’il y a besoin d’autant de monde pour réparer cette saloperie ! La blonde à roulette me regarde, contrite.

      Je suis désolée monsieur mais, cette caisse est en panne. Je vous prie de bien vouloir passer à la caisse voisine.

C’est une blague ? Cette conne a déjà passé les trois quarts de mes courses et maintenant faut que je change de caisse pour tout recommencer ? A cause d’une erreur de manip’ de cette gourde ?

      Vous vous foutez de moi ? Je demande d’une voix faussement calme.

      Je…

      Ça fait une heure que je poireaute ici pour que votre caissière incompétente me fasse payer et, quand enfin, j’y arrive, faut que j’bouge et recommence tout à cause de votre gourde ?

      Désolée monsieur.

Mais c’est pas possible ! J’ai vraiment la poisse !

      On va vous aider à tout déplacer.

Encore heureux parce que je crois que sinon je me serais barré depuis belle lurette en laissant toutes mes courses là ! D’ailleurs j’ai pris carrément plus de trucs que prévu. Ça va être comique de rentrer avec tout ça.

      Monsieur ?

Ouais ? Je tourne lentement mon visage exaspéré vers la caissière.

      Ça vous fera quarante deux euros soixante quinze.

Pardon ? 42,75€ ? Tant que ça ? La vache ! C’est sensé être moins cher que Carrefour ce truc ! En même temps… je me dis que si c’est là bas que j’étais allé je m’en serais sans doute sorti pour le double. Mais je n’aurais pas eu à me coltiner ces incompétentes qui te font du gringue alors qu’elles se rendent pas compte qu’elles t’emmerdent royalement. J’attrape mes sacs et sors ENFIN de ce supermarché maudit. A moins que ce soit moi qui soit maudit. Vu tout ce qui m’arrive en ce moment, ça m’étonnerait absolument pas ! Et, j’ai comme l’impression que c’est pas terminé.

            Je passe les portes coulissantes débouchant sur le parking quasiment plein. Faut dire aussi qu’il est pas très grand alors c’est pas difficile de le remplir. Il doit y avoir les voitures des empotées qui travaillent ici et deux ou trois appartenant à leurs clients. Avec même pas une dizaine de voitures il est déjà à moitié plein. Au trois quart en fait. C’est dire le nombre de personnes venants ici… S’il y en avait plus, ils l’auraient déjà fait agrandir ce parking de playmobiles.

      Pour nous excuser, nous vous avons offert un bon de réductions pour la prochaine fois.  Me hurle une des blondasses alors que je suis déjà sorti du parking de poche.

Je m’en fou de ton bon de réduc’ !

      J’suis pas prêt de revenir ici !

J’ai dit ça normalement. Ça m’a échappé en fait.  Et qu’elle m’ait entendu ou pas j’m’en tape. Déjà qu’ils ont pas beaucoup de clients, là, ils viennent d’en perdre un. Je traverse sans même prendre la peine de me retourner pour lui montrer que je l’ai entendu. La rue est déserte. On est pas dans une grande ville mais, c’est pas non plus la campagne totalement isolée. J’ai pas encore fait les trois quarts du chemin mais, faut que je me pose cinq minutes. Je crève de chaud et j’ai les mains dans un état pitoyable. C’est que ça fini par être lourd tout ce bazar. Je pose tout sur le trottoir, qui paraît très propre au vu de tout ce qui y traine, libérant mes doigts qui commencent à devenir bleus à force de non-irrigation sanguine à cet endroit là. Je me relève et pose mes mains endolories sur mes hanches presque osseuses. Quelle ville merveilleusement bien entretenue ! Tous les déchets dans les poubelles, ça oui. On dit bravo la population ! On pourrait en dire autant de la municipalité si les glandeurs qui y travaillent avaient pensé qu’une seule poubelle pour un km² était insuffisant. Mais, apparemment ils n’ont pas assez de neurones pour ça. Faut pas trop leur en demander non plus. Parce que là, la seule que je vois déborde amplement et vomit son surplus sur le sol, bloquant pratiquement un morceau du passage à force d’emballages cartonnés de MC Do ou autre fast-food du même type. J’adore cette ville ! J’imagine même pas cet été comment elle va sentir bon si la mairie ne règle pas ce léger détail. M’enfin bon, j’suis pas là pour critiquer l’entretien de la ville.

            Je lève la tête et observe, désespéré, la pente qui me fait face. C’est bizarre mais, je savais qu’elle était plus ou moins raide mais, jamais elle ne m’a parut si raide ! On pourrait en faire une piste de ski ! Enfin… si la neige se décidait à tomber l’hiver parce que ça doit bien faire 7 ans que j’ai pas vu un flocon. J’enlève ma veste, la passe autour de ma taille, attrape tous mes sacs en plastique blanc prêts à craquer, en faisant attention à ne rien laisser tomber et, commence, découragé d’avance, à grimper ce pic semblant infranchissable d’ici.

            Le premier tiers, ça peut aller. Je suis pas encore mort. Mais… arrivé au second, je commence à peiner sérieusement. Je m’arrête cinq minutes, passe mon bras sur mon front pour essuyer la sueur qui s’y accumule et prie très fort, malgré mon athéisme affirmé, pour qu’une voiture passe, qu’une connaissance me chope en chemin pour me ramener mais, tout le monde sait très bien qu’à chaque fois, qu’on espère ça, on a toutes les chances de rentrer à pieds. A chaque fois c’est la même chose. Ça vous est jamais arrivé ? A tous les coups, c’est quand on a absolument besoin de quelque chose que ça n’arrive jamais.

            Je me redresse, en sueur, et continue ma route sur les rotules. Faut vraiment que je passe mon permis ! Le problème, autre d’en avoir foutrement besoin, c’est que ça coûte vraiment super cher. J’ai pas franchement les moyens. Remarque, mon beau père pourrait bien m’aider un peu… Il me doit bien ça ce connard. Encore faudrait-il que je le retrouve. Ça, ça risque d’être compliqué, vu comment il s’est barré y a 4 ans. Sans un mot. Sans raison. Sans même laisser d’adresse. Nous laissant, ma mère et moi comme des cons, se demandant ce qui lui avait pris. Mais, je soupçonne ma mère de savoir pourquoi. J’ai jamais vraiment cherché à le savoir. Ça m’a jamais intéressé des masses. J’étais tellement heureux d’être débarrassé de ce connard fini ! Enfin bref, je m’égare là. Mais, de ce côté-là, c’est pas la peine d’espérer quelque chose. Et mon père, vaut mieux même pas y penser. Il ne s’est jamais occupé de moi et c’est pas maintenant que ça va commencer… Surtout pour un permis français qui coûte les yeux de la tête !

            Elle est conne cette expression, non ? Vous trouvez pas ? Parce que comment est-ce qu’on pourrait payer quelque chose les yeux de la tête ? Déjà, les yeux c’est forcément sur la tête. Vous avez déjà eu des yeux sur le ventre vous ? Et… est-ce que vous avez déjà réussi à extraire un de vos yeux de votre crâne ? J’ai jamais vu ça moi… A part dans Pirates des Caraïbes et c’est plutôt gore quand même. Même si je me marre à chaque fois à ce moment là…

            Bref, je suis arrivé moi. Je pose mes sacs devant la porte et me repose un peu, le temps de souffler et de trouver mes clés par la même occasion. Je soupire bruyamment en pensant à l’escalier que je vais devoir monter avec tout mon bordel.

      Tu veux que je t’aide ?

Je lève la tête et découvre Matthew, fermant avec un boitier électronique une simple Peugeot 406 gris métallisé. Il avait pas une voiture bien chère lui ?

      Vous avez changé de voiture ?

      Non, pas vraiment. J’en ai plutôt enfin trouvé une.

      Bah… et votre Lamborghini ?

J’ai toujours des phrases aussi intelligentes les unes que les autres, hein ?

      C’était pas ma voiture.

      Ah… Elle était à qui ? Vous l’avez volé ?

Il sourit avant de secouer la tête en signe de dénégation. C’est une idée ou ses yeux s’égarent un peu sur moi ?

      Non, un ami me l’a prêtée. Me répond-t-il en détournant la tête.

      On vous prête souvent ce genre de voiture ?

      J’avais pas trop le choix en fait. J’ai planté la mienne dans un mur il y a 2 mois et, il était le seul qui pouvait me dépanner de ce côté-là en attendant que je m’en rachète une.

      Vachement généreux.

      J’en voulais une discrète mais, c’était la moins voyante qu’il avait.

      C’est juste un ami votre pote ?

      Euh… ben… oui. Hésite t-il, désarçonné par ma question brutale.

C’est vrai qu’il faudrait que je sois moins direct parfois… Et moins curieux aussi mais, j’y peux rien. Il ne s’attendait visiblement pas à ça. Mais, en même temps, personne ne prêterait ce genre de voiture à un simple ami. C’est pour ça qu’un « Ah… » peu convaincu s’échappe de mes lèvres entr’ouvertes. Mon regard s’égare vaguement sur son bras et se fige sur sa montre. C’est un joli bracelet masculin assez large, en argent, qui contraste avec sa peau brunâtre, hâlée par le soleil, avec un cadran circulaire assez sophistiqué. Sans réfléchir, je lui attrape le poignet quand mon regard se braque sur les deux aiguilles qui dansent la gigue aux alentours de sept heures. Il se laisse faire, un peu étonné et je me rends compte qu’il est déjà dix-neuf heures. J’ai vraiment mis tant de temps pour faire trois pauvres courses ? Enfin, « trois pauvres courses » c’est un peu réducteur. Je regarde vers les sacs plastiques à mes pieds. Je me rends compte, tout à coup que je tiens encore son poignet dans ma main et le lâche vivement en sentant sa peau brûler ma paume. Je me retourne vaguement, tapotant les poches de mon jean pour trouver mes clés. Je bégaye une espèce de gargouillement incompréhensible qui ressemblait à ça : « Jvaisptetemonterparcequ’ilestunpeutardlà ». Je suis persuadé qu’il a rien pigé mais, ça, c’est pas un problème. Je passe ma clé électronique sur la borne et ouvre la porte que je cale avec mon pied. J’attrape quelques sacs à ma portée et vois qu’il prend les autres.

      Ben, dis donc, t’as fait les courses pour un mois là !

      Faut bien que je remplisse mes placards…

Arrivé en haut, un peu essoufflé, je déverrouille ma porte, le remercie, récupère mes courses et m’engouffre dans mon appart’ pour me figer aussitôt manquant de laisser échapper ce que j’ai dans les mains.

 

Flo ~~> C'est tellement tentant !Le prof de philo, oui pourquoi pas, ça m'enlèverait au moins 8h de cours par semaine {#} même s'il est sympa. La prof de Litté, ah comment j'aimerais la tuer dans d'atroces souffrances celle là ! L'histoire, ça sert à rien de la tuer elle, elle est sympa mais je fous jamais rien dans son cours alors XD En plus elle vient d'avoir un bébé, ça serait pas cool pour le bout'chou ^^ 

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