Le vent souffle doucement, faisant bruisser les feuilles des arbres. Il fait froid et la brise n’arrange en rien l’état d’hypothermie dans lequel je me trouve. Nous ne sommes qu’au mois de septembre, je n’ose imaginer comment se présentera décembre. Je suis frigorifié. C’est aussi ma faute. Etant en retard, je suis partit sans prendre la peine de mettre une veste.
J’arrive enfin au lycée, j’entre dans le bureau des surveillants. Aujourd’hui, je dois rattraper le devoir de maths que le prof nous avait collé un jour où j’étais absent. Quelle poisse !
― Vous êtes en retard ! Déclare la surveillante à laquelle je me suis adressé.
Comme si je ne le savais pas !
― Suivez moi. Ordonne-t-elle en se levant.
Elle attrape un polycopié qui doit être mon sujet et m’entraîne à travers les couloirs du bâtiment. La pionne s’arrête devant une porte qu’elle déverrouille et me fait signe d’entrer. Elle me donne le sujet du contrôle avant de sortir de la salle.
― Je reviens dans une heure. Dit-elle avant de refermer la porte et de la verrouiller de nouveau.
Euh… elle a le droit de faire ça ? Je veux dire de m’enfermer dans une salle ? Et si y a le feu ? Je reste là à griller ? C’est quoi ce lycée ??
Je regarde rapidement autour de moi et m’installe à une table près de la fenêtre. Je jette un œil à mon devoir en essayant vainement d’y comprendre quelque chose, puis, laissant tomber, je laisse errer mon regard au-dehors. Les maths n’ont jamais été mon fort, j’y ai jamais rien compris et c’est pas maintenant que ça va commencer ! Ce que je préfère ce sont les lettres ! J’ai toujours été plutôt doué pour disserter et puis la littérature me passionne à un point que s’en est effrayant ! Mes amis ne comprennent pas. Pour eux les livres ne sont que du papier qu’on leur donne à lire pour les torturer. Pour moi chaque livre est un véritable trésor, chaque livre a une âme, chaque phrase, chaque mot a une signification.
Je reporte mon attention au-dehors. Les arbres commencent déjà à perdre leurs feuilles. Leurs couleurs rouge-orangé me rendent admiratif, je trouve ce spectacle tout simplement sublime. Un oiseau passe dans mon champ de vision, attirant mon attention. Il est de couleur bleu et jaune, magnifique. La nature est si belle mais tellement éphémère qu’on a beaucoup de mal à la dépeindre avec des mots. Aucun mot, aucune phrase ne serait assez forte pour exprimer l’admiration qui me gagne.
Un bruit me sort de mes rêveries. Je tourne la tête vers le coin le plus sombre de la pièce. Je ne suis pas seul ! Il y a là un jeune homme brun que je n’avais pas vu en entrant. Impossible de le décrire précisément dans la pénombre. La surveillante n’a même pas pensé à allumer la lumière ! Comme si on avait l’habitude de vivre dans le noir ! On n’est pas des chauves souris ! Quoique, ça pourrait être sympa…
Je détourne la tête pour me replonger dans la contemplation de l’extérieur. La rue est calme. Aucune voiture ne vient perturber la plénitude de la nature. Il n’est pourtant pas si tôt que ça. D’habitude la ville est plus animée, surtout à 9h du mat’.
Je sursaute en sentant une présence à mes côtés. Le brun vient de prendre place à côté de moi. Il s’affale littéralement sur la table en me regardant. Il a tellement de piercings qu’il me faudrait la journée pour les compter ! Son bras droit est couvert d’une multitude de fins bracelets noirs en plastique et l’autre porte une sorte de bracelet de force clouté. Son tee-shirt affirme son adoration pour Iron Maiden. Ses yeux bleu souriants sont soulignés d’un épais trait de crayon noir, ce qui lui donne une aura mystérieuse.
― Salut. T’y arrives pas ? Demande-t-il en désignant ma feuille.
Je n’entends même pas la phrase qu’il prononce. Je suis fasciné par son apparence. Je ne pensais pas qu’un homme pouvait avoir les traits si fin, qui lui donnent un petit côté androgyne, et être aussi différent de chaque personne que j’ai déjà croisé auparavant. Il émane de lui une beauté caractéristique que je n’ai rencontré nulle part ailleurs.
Je le fixe sans m’en rendre compte, il sourit et agite sa main devant moi.
― He ho ! T’y arrives pas ? Répète-t-il.
Je reviens sur Terre et me sens extrêmement gêné. Je baisse la tête et observe attentivement le sol, évitant à tout prix son regard.
― A vrai dire, je n’y comprends absolument rien.
Il sourit une fois de plus, attrape le sujet et le place devant lui. Il parcourt la feuille des yeux rapidement.
― C’est simple.
Ouais… bien sûr.
― T’es en L, hein ?
― Ouais.
Quoi ? C'est marqué sur mon front ? « Je suis en section Littéraire et je suis archinul en maths ! »
― Bon, j’vais t’expliquer.
― T’as rien à faire ?
― J’ai fini mon devoir dans les quinze premières minutes. Maintenant regarde. T’as juste à diviser ce facteur par celui-là pour trouver ta réponse. Par rapport à cette formule.
Il débite ses explications en pointant différents nombres sur ma feuille. Et, à mon plus grand étonnement, je comprends ! Il m’explique si bien, qu’au bout de dix minutes j’avais fini mon test.
― Merci. Si tu ne m’avais pas aidé j’aurais rendu copie blanche.
Je relève légèrement la tête et fixe un point imaginaire entre son épaule et son oreille. Je ne veux pas croiser son regard une seconde fois. Il me trouble un peu trop pour un mec et ça me dérange énormément. Je n’ai rien contre les gays, mais… enfin bref…
― Et t’aurais eu une belle bulle. Sympa pour commencer l’année !
― Tu viens de réaliser un exploit ! Réussir à faire piger quelque chose en maths à un mec qui n’y a jamais rien compris, chapeau !
― J’ai le droit à une récompense ? Demande-t-il en me déposant un baiser sur les lèvres.
Ouah ! Euh… c’était quoi ça ? Je me recule, mais je crois que mon plus gros problème en ce moment c’est le fait que je suis tellement embarrassé que je rougis encore plus que tout à l’heure. Je sens mes joues me brûler.
Et là, à mon grand désespoir, la seule pensée qui m’effleure c’est l’envie d’un nouveau baiser.
Qu’est-ce qui m’arrive ? C’est un mec ! Il faut que je me reprenne !
Il me regarde et se rapproche comme s’il m’avait compris. Il effleure mes lèvres du bout de sa langue, langoureusement, je les entrouvre instinctivement et il fait pénétrer sa langue dans ma bouche.
Han… ! C’est pas vrai ! Je n’arrive même plus à réfléchir correctement ! Pourquoi est-ce que ça me trouble autant ? Je ne peux pas être attiré par un mec ! Malheureusement je me rends compte que j’ai le bas ventre en feu et un début d’érection plutôt flagrant, ce qui dément totalement ma théorie de « je-ne-suis-absolument-pas-gay-et-j’aime-les-filles ! ». Il se détache légèrement de moi.
― Au fait, mon nom c’est Evan. Que tu saches quoi crier tout à l’heure ! Lance-t-il avec un sourire pervers.
Il éclate de rire en voyant mon air interrogateur.
Crier ? Tout à l’heure ? De quoi parle-t-il ?
Puis, sans me laisser le temps de réfléchir, il poursuit ses baisers qui malgré moi me font frémir. Je me retrouve, sans savoir comment, assis sur le bureau. Evan passe sa main sous ma chemise tout en la déboutonnant. Il descend sa bouche le long de mon cou avant de me basculer en arrière.
― Humm…
Oh mon Dieu ! C’est moi qui gémis comme ça ? Un mec me caresse et le pire c’est que j’apprécie ! Je n’arrive même pas à résister. Mes forces sont anéanties par un désir violent qui me plaque contre la table.
Je suis allongé sur la table et il se met à califourchon sur moi et entreprend de me lécher les tétons voluptueusement.
Je ne me sens même plus. Je ne suis plus que feu et désir. Jamais je n’aurais cru un jour ressentir un désir aussi violent pour un homme. Mais en cet instant, je ne réfléchis plus, mon cerveau a été mis en pause. Je ne me laisse plus guider que par mes sensations.
Evan me retire mon pantalon et mon boxer, libérant ainsi mon sexe gonflé. Il trace de petits cercles du bout de la langue sur mon bas ventre. J’ai l’impression que je vais mourir. Il veut me rendre fou ? Il commence par lécher ma verge sur toute sa longueur avant de la prendre en bouche et de lui imprimer un mouvement de va et vient qui manque de me faire défaillir. Il accélère la cadence et je sens que je ne vais pas tarder à éjaculer.
― Evan… je vais… je vais…
Evan accélère encore et je me déverse dans sa bouche. Il se redresse et repart à l’assaut de mon torse.
En le voyant au-dessus de moi, j’éprouve une irrésistible envie de le toucher, de le caresser. J’élève mes mains au niveau de son torse, lui ôte son tee-shirt et commence à explorer sa peau si douce. Je descends lentement le long de ses abdominaux et atteins sa ceinture. Mû par un désir brutal, je lui retire son jean. Il me regarde avec un sourire en coin.
― Tu veux ?
Surement. Mais quoi ? Que je lui taille une pipe ?
― T’as déjà couché avec un mec ?
Je secoue la tête, incapable d’aligner deux mots cohérents. Je crois que j’ai compris ce qu’il voulait dire tout à l’heure à propos du fait de crier. Oui, je sais, j’aurais mis le temps !
Ses paroles produisent sur moi un effet inattendu. Mon sexe se durcit plus encore et je ne pense plus qu’à l’avoir en moi.
« Mais on ne peut pas faire ça ici ! »
Oups, j’ai parlé à voix haute ! A voir son petit sourire en coin, il ne semble pas de cet avis.
Evan m’écarte les cuisses et s’apprête à enlever son boxer quand la cloche retentit. On se regarde affolés. La pionne ne va pas tarder à revenir et il vaut mieux qu’elle ne trouve pas comme ça !
La porte s’ouvre et la surveillante apparaît, mais nous sommes tous deux habillés et chacun à sa place. Je dois surement avoir les joues rosies. Evan se lève, tend sa feuille à la pionne et sort. Je l’imite et sors à sa suite. Je vois un papier tomber de sa poche. Je le ramasse.
― Evan ! Tu as fait tomber ça !
Il se retourne et me fait un clin d’œil avant de disparaître. Je jette un œil à ce que je tiens entre les mains. Il y a un numéro précédé du nom d’Evan. Sans doute le sien...
Je retourne le papier et découvre avec stupéfaction qu’il s’agit d’une photo. De moi ! En la regardant de plus près je reconnais le tee-shirt que je portais il y a deux jours !
Ainsi, il m’avait déjà repéré…
Début d’une histoire ou histoire d’une heure ?
Au fait si ça vous intéresse j’ai eu 17 à mon devoir de maths à la plus grande stupéfaction de mon prof !
Aïe aïe aïe pas de lemon dans ce One shot
mais c'était prévu au début ! J'vous jure ! 
Seulement, c'était prévu sans la sonnerie de fin des cours ! xD
Merci pour tous vos commentaires !
ça fait toujours super plaisir !
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