Je poste cet article pour remercier tous ceux qui me
lisent !
Vos commentaires me font vraiment plaisir et très souvent
mourir de rire
Désolée de ne pas répondre toujours aux commentaires,
c'est vrai que je n'ai pas souvent le temps, désolée.
Et là, je suis entrain de relire tous mes coms et
soit je suis explosée de rire soit j'ai un grand sourire plaqué sur
le visage xD
Vous êtes géniaux !!
Fallait que je vous raconte un truc vous allez rire !
Tous les matins je dois emmener mon frère chez la
nourrice et la semaine dernière, mercredi je crois, quand je
rentrai chez moi avant de partir en cours, j'ai croisé un mec. Et
là, sans me rendre compte de ce que je faisais, je me suis arrêtée
et je l'ai regardé ébahie, limite la bouche ouverte Je ne me suis rendue compte que je
m'étais arrêtée seulement quand il m'a dépassée
Mais vous allez me demander pourquoi je me suis arrêtée
si brusquement... Ben en fait, le voir comme ça dans la rue,
ça m'a fait un choc incroyable, parce que en fait c'était le
portrait craché de Ryan ! Exactement comme je me l'imagine avec 5
ans de moins Alors vous comprenez mon choc !
Seulement, maintenant, quand je le croise
il me regarde en souriant, il a trop dû s'imaginer des trucs
Ah là là, vendredi j'ai un oral à passer, et j'ai encore
rien fichu !
Bah quoi ? Qui a dit que j'étais sérieuse ? Enfin bref, la nuit dernière, ça a été
l'angoisse ! Le cauchemar de ouf
Je devais passer mon oral à 18h30, et j'étais chez moi
encore à 18h15 (cherchez l'erreur ) et je me suis rendue compte qu'il me
manquait des textes alors je me dépêchais de les scanner et de les
imprimer mais, à 18h20 j'étais toujours pas partie, enfin bref le
gros bordel, mais l'angoisse était présente au réveil !
Ni une ni deux, ce matin j'ai imprimé tous mes textes !
Et je le passe vendredi à 12h ( super
! ).
Bon bah fin du racontage de life là
Bisous à tous et merci de me suivre !
Edit 19h15 xD
:
Au fait, j'ai vu que vous aviez tous apprecié le p'tit
lemon
Je voulais faire quelque chose de très mignon sans
vulgarité, qu'on voit bien que c'était plus que du sexe pur et
simple quoi
Donc, bah merci pour vos avis ! ça m'a fait très plaisir
!
Ah oui, désolée, je n'ai pas encore écrit
le chapitre 17, j'essaye de m'y mettre mais bon en ce moment c'est
oral + code
Le succès ne vérifie pas la qualité !
Beaucoup de merveilleux auteurs restent dans l'ombre malgré leur
talent ! ( En réponse à la petite conversation que nous avions eu
^^ )
D'ailleurs, allez faire un petit tour
sur son blog car la
miss est délaissée en ce moment
De
gros flocons tombaient sur la ville en tournoyant joyeusement, une
légère pellicule blanche recouvrait déjà les rues, les visages
souriants des passants emplissaient le paysage, les rires joyeux
des enfants couvraient presque le vacarme assourdissant des
voitures. Les périodes de fête faisaient sortir les
gens.
On entendait des chants de Noël à chaque porte. La bonne
humeur était présente partout. Ou presque…
Comment expliquer que pour chacun, Noël soit une telle
source de joie alors que pour moi, cette période était la pire de
l’année ?
Ça faisait des années que j’avais perdu cet entrain
qui gagne la population à l’approche des fêtes. Des années
que je n’avais plus cette joie de vivre, cette sensation de
bonheur. C’était justement toutes les émotions contraires qui
m’envahissaient en pensant au 25 décembre. C’était
devenu pour moi une date synonyme d’horreur et de tragédie.
Tout cet étalage de sentiments : sérénité, joie, excitation,
me donnait la nausée. Toutes ces décorations me filaient le cafard.
Tous ces chants faisaient remonter les souvenirs à la
surface.
Tout ça me rappelait des évènements que j’aurais
préféré garder enfouis au fin fond de ma mémoire, enfermés loin
dans mon cœur. Mais, comment échapper à toute cette
effervescence ? Impossible de faire un pas dehors sans tomber sur
n’importe quoi ayant un quelconque rapport avec cette période
que j’abhorrais.
Je la revoyais encore courir le long de l’avenue
déserte, les larmes aux yeux et le cœur en lambeau. Je me
rappelais de sa petite voix sanglotante, de ses mains tremblantes
et de ses yeux rougis à cause de ses pleurs incontrôlables et
incessants. Je me souvenais de la tristesse dans son regard mais
aussi de la détermination qui y brillait avec force. Elle savait
déjà ce qu’elle allait faire. J’aurais dû y prêter plus
d’importance. Si j’avais réagit plus tôt, tout cela ne
serait jamais arrivé…
Je m’adossais un instant contre la devanture
d’un quelconque magasin, luttant contre le chagrin et le
désespoir qui m’assaillaient. Je fermai les paupières, très
fort, et serrai les poings, plongés dans les poches de ma veste. Je
n’ai jamais été aussi faible que durant les fêtes de Noël.
J’avais l’impression d’avoir de plus en plus de
mal à retenir mes émotions ces derniers jours. Je ne dormais
pratiquement plus, la douleur me tenant éveillé, je ne parvenais
presque plus à fermer l’œil.
Le manque de sommeil entraîne chez certaines personnes,
voire la majorité de la population, une irritation très facile à
exciter mais, pas chez moi. J’étais simplement hors du monde
réel, perdu dans ma pseudo-dépression qui débutait dès le 10
décembre pour finir vers le 20 janvier, comme tous les
ans…
Période répétitive recommençant chaque année, depuis dix
ans et qui ne semblait jamais vouloir finir.
Chaque année je me consacrais entièrement à mon travail
pour ne pas y penser, et chaque année c’était un échec
monumental. Pourquoi ne pas vouloir oublier tout simplement ?
Me demanderez-vous. Comment oublier ça ? Impossible. Et puis,
je ne voulais pas l’oublier, juste ne pas y penser trop
souvent. Je ne voulais pas perdre son souvenir, si douloureux
soit-il, c’aurait été comme la
trahir…
Malgré mes efforts pour la garder dans un coin de ma tête,
la dissimuler sous une montagne de vieux souvenirs pour
l’écarter de mes pensées immédiates, Noël détruisait tout
chaque année. Il écrasait ma volonté, explosait mes protections et
faisait jaillir nombre de souvenirs et le chagrin immense les
accompagnants. Chaque année à la même période, je revoyais son
visage, et avec lui son caractère et toutes ses petites manies qui
m’agaçaient mais qui lui étaient propres et la rendaient
unique. Ce visage pour lequel j’ai versé et verse encore
tant de larmes. Malgré les dix ans écoulés, elles ne cessaient de
se déverser en un flot abondant et ininterrompu.
Je rouvris les yeux et détaillai l’homme qui me
faisait face. Une touffe de cheveux châtains qui semblaient avoir
été coiffés quelques heures auparavant mais, qui ne ressemblaient
plus à rien désormais. Un front couvert de ridules
d’angoisse. Des yeux ternes et sans vie. Un regard empli de
tristesse et de douleur. De lourds cernes violets. Un visage
amaigri par l’angoisse et creusé par la fatigue. Un corps
frêle. Une silhouette fantomatique.
Je ne me reconnaissais plus. Une loque, une
épave. Voilà à quoi je ressemblais. Quasiment rien. Un homme brisé.
Un homme détruit. Voilà ce que j’étais devenu.
Horrifié par mon reflet, je m’en écartai vivement et
marchai en direction de l’immeuble d’en face et
m’y engouffrai rapidement, gardant les yeux rivés au sol,
craignant la probable rencontre avec mon double sur une
vitre.
Mathilde, l’hôtesse d’accueil, me salua
chaleureusement. Je lui répondis par un simple sourire. Elle était
toujours très gentille à mon égard et je n’arrivais même pas
à être un minimum plus enjoué.
J’avais la tête vide et, ne sachant plus vers quoi
tourner mes réflexions, elles allaient d’elles-mêmes vers ce
sujet que je redoutais tant.
Je montai en silence jusqu’à mon bureau,
m’installai sur ma chaise et jetai un regard à travers la
baie vitrée surplombant la ville. Je détournai aussitôt la tête
regrettant mon insouciance irréfléchie. Noël ne restait pas
seulement au ras du sol, mais, malheureusement, s’élevait
aussi jusqu’au sommet des gratte-ciels. Quelle plaie !
Impossible d’échapper à l’engouement de cette fête qui
me détruisait.
La porte face à moi s’ouvrit me faisant sursauter.
C’était Hélène.
— Je t’ai fait peur ?
Désolée.
— C’est pas grave.
Elle vînt s’asseoir face à moi après avoir fermé la
porte derrière elle.
— Pourquoi ne prends-tu pas des vacances ? Ça
te ferait du bien. Tu as l’air épuisé.
— A quoi me serviraient des vacances à part
m’ennuyer et ressasser le passé ?
— Que vas-tu faire pour Noël cette année ? Me
demanda-t-elle après un long silence.
Hélène connaissait déjà la réponse à cette question, mais
ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’elle ait
changé.
— Comme d’habitude.
Elle hocha la tête d’un air
triste.
— Tu veux que je vienne avec
toi ?
— Non merci.
Elle n’aimait pas que j’aille là-bas seul
mais, je ne voulais pas qu’on m’y accompagne. Je ne
voulais pas de témoin à ma faiblesse. Hélène le comprenait mais, ne
l’appréciait pas. Elle ouvrit la bouche mais je la
coupai.
— Je sais ce que tu penses.
Un lourd silence s’installa autour de nous. Mon
regard se perdit dans les rangées de bouquins de ma
bibliothèque.
Une fois de plus son magnifique visage envahit mon esprit
endolori. Son merveilleux sourire me plongea dans une profonde
mélancolie.
Tout
ça n’aurait jamais dû arriver ! Trop jeune, trop naïve,
elle l’était. Elle n’aurait jamais dû partir si tôt.
Très belle, charismatique, elle attirait les
convoitises.
Maintenant, c’était son visage que je revoyais.
Le seul à qui elle n’aurait jamais dû
s’intéresser.
Je serrai les poings et les dents. Je sentis une veine gonfler sur
ma tempe. La colère montait sans que ne puisse rien y faire.
C’était plus fort que moi. Dès que son nom me venait à
l’esprit j’en suffoquais de haine. Dire que je le
haïssais n’était qu’un
euphémisme.
Une petite main froide vînt se poser sur mon poing
serré.
— Tu devrais lui pardonner tu sais.
Rien qu’en me voyant elle avait tout compris. La
nature de mes pensées premières puis, la dérive qu’elles
avaient subies pour en arriver là.
Le pardon ? Comment pourrais-je jamais lui pardonner
cela ?
— Il n’a rien fait. Pourquoi
t’entêtes-tu dans cette haine qui te dévore ? Ce
n’est pas en le haïssant qu’elle
reviendra.
Le regard noir que je lui lançai la fit renoncer à la fin
de sa tirade. Elle me regarda, l’air triste puis sortit de
mon bureau.
— Réfléchis-y au moins. Ajouta-t-elle avant de
fermer la porte.
Y réfléchir ? C’était bien ça le problème. Je
ne faisais que ça. Elle m’avait été arrachée de force et pour
moi, tout était de sa faute. Mais, le pire dans tout cela
était que, inconsciemment, j’en étais presque arrivé à la
même conclusion qu’elle.
Il n’avait rien fait. Du moins consciemment.
L’avais-je haït pour de mauvaises raisons ? Etait-il
vraiment innocent au final ?
Peut-être…
Mais, ma rancœur était toujours ancrée dans les
lambeaux du reste de mon cœur. Disparaîtra-t-elle un
jour ? Peut-être…
Je sortis de mon bureau et allai marcher dans les rues
enneigées, le plus loin possible de l’agitation des fêtes.
J’errai, comme une âme en peine, ainsi jusqu’à ce que
je me rende compte qu’il faisait nuit. J’étais dehors
depuis une éternité qui m’avait pourtant paru durer seulement
quelques minutes.
La nuit s’assombrissait à vue d’œil
tandis que je rejoignais mon domicile, plus perdu que
jamais.
Cela faisait des heures que j’étais arrivé au bureau
et pourtant, je n’avais toujours rien fait, à part observer
le plafond les yeux dans le vague. Je réfléchissais au fait que le
lendemain, jour de Noël, il faudrait que j’aille acheter une
sublime rose rouge avant d’aller la rejoindre. Le rouge, sa
couleur préférée. Pourquoi une rose ? Tout simplement parce
qu’elle était aussi pure que cette magnifique fleur, que sa
peau était aussi douce qu’un de ses pétales et que, malgré
son air angélique, elle aussi piquait.
Comment n’avais-je pu voir son désespoir ? Ce
devait pourtant être flagrant ! Mais trop occupé avec une de
mes conquêtes de l’époque, j’étais devenu aveugle.
Peut-être aurais-je pu la sauver, seulement, j’étais trop
distrait pour m’en apercevoir. Je me maudis pour
n’avoir rien détecté plus tôt. Elle m’appelait au
secours et je n’avais rien vu de sa détresse. Son intense
douleur aurait pourtant dû me faire réagir !
A cette époque, les filles ne cessaient de défiler et
pourtant, aucune n’avait ses yeux, son
regard, son attitude, son charisme, cette
attraction sur moi. Aucune ne lui ressemblait. Mais, rejetant cette
attirance en bloc, je changeais de copine chaque jour, espérant ne
plus y penser.
C’est à ce moment qu’elle s’est mise à
vouloir lui plaire. Lui plaire à lui. Le seul qui
n’aurait jamais dû l’approcher. Cette espèce de frimeur
et bourreaux des cœurs. Idole du lycée, adulé par toutes les
jeunes filles pré-pubères. Il n’a fallu qu’un regard
pour qu’elle succombe, pour qu’elle tombe sous son
charme.
En y réfléchissant bien, c’est vrai qu’il
n’y était pour rien. Elle y avait juste cru un peu trop fort.
Beaucoup trop même. Ce n’était pas comme si c’était lui
qui l’y avait poussée. Il avait peut-être contribué à sa
chute mais, inconsciemment.
Je me levai en hâte, attrapai ma veste et sortit en trombe
de mon bureau sous l’œil éberlué d’Hélène. Je lui
envoyai un grand sourire pour la rassurer sur mon état mental et
quittai l’immeuble. Je m’engouffrai dans la gare et
sautai dans le métro qui se trouvait là. J’eus juste le temps
de monter dans le wagon que les portes se refermaient déjà. Trois
stations. Je descendis sur le quai et émergeais dans la rue. Le
vent glacial transperçait mes vêtements et me frigorifiait. Je
resserrai mon manteau autour de moi et avançai vers la rue Diderot.
Après tant d’années de haine je me rappelai encore très
nettement de son adresse. Se souvient-on de détails aussi précis
d’une personne qu’on abhorre ?
Je me postai sur le pas de la porte et réfléchis. Etait-ce
une si bonne idée d’être venu jusque là ? Sans
m’appesantir sur mes doutes et laisser l’incertitude me
gagner, je sonnai. Il ne fallut que quelques secondes avant que la
nervosité me submerge. Je tremblais de tous mes membres. Mais
pourquoi donc étais-je venu ici ? Maudite impulsion ! Je
fixai la porte close. Et s’il avait changé
d’adresse ? Il était encore temps de m’enfuir, de
courir à toutes jambes à travers la ville, de rentrer chez moi bien
au chaud et de garder ma dignité intacte. Je me détournai près à
fuir quand une voix chaude m’interrompit.
— Shane ? C’est
toi ?
Je baissai la tête et fixais une seconde le béton. Trop
tard pour fuir. Je me retournai et le découvris sur le pas de la
porte, l’air surpris. Il n’avait pas changé. Toujours
ces yeux bleu turquoise envoûtants, ces cheveux longs et noirs lui
chatouillant les épaules. Ses traits fins s’étaient juste
légèrement durcis, donnant plus de caractère à son visage. Il était
toujours aussi séduisant qu’avant. Je ne pu empêcher la
rancœur de revenir juste l’espace d’un
instant.
— Salut
Michael.
Un grand sourire illumina son visage, pour légèrement
s’assombrir quelques secondes plus
tard.
— Qu’est-ce que tu fais
là ?
— Je suis venu te dire que je te pardonnais. Je ne considère
plus comme coupable et je m’excuse d’avoir reporté sur
toi toute ma colère durant toutes ces
années.
Je l’observais. Il était vraiment très surpris. Les yeux
écarquillés et la bouche ouverte, il n’arrivait apparemment
plus à émettre un son.
Je détournai les talons avant
qu’il ne retrouve l’usage de la parole. Je ne voulais
pas entendre ce qu’il avait à me dire. Ma fierté venait
d’être mise à mal, sa réaction maintenant m’importait
peu. J’avais dit ce que j’avais à dire. C’était
terminé. J’arrivais à la bouche de métro quand la voix lui
revint.
— Shane ! Attends !
Reviens !
J’accélérai le pas, ne voulant pas voir
l’expression de triomphe qui devait très certainement
s’étaler sur son si beau visage.
Finalement, je rentrais bien au chaud chez moi mais, ma
dignité en moins. Faire des excuses à un homme que l’on
n’a pas vu depuis des années et qu’on déteste
n’est pas la meilleure solution pour lui redonner du
peps !
Je me blottis sous mes draps et attendit que le sommeil
vienne me trouver, le cœur lourd.
* * *
— Une rose rouge ?
— Oui c’est ça.
Le fleuriste me la donna, un sourire de connivence sur les lèvres.
Il devait surement croire que c’était pour ma petite amie. Je
ne le détrompais pas et payais avant de sortir rapidement de la
boutique.
Mes pas me menèrent d’eux-mêmes à l’endroit où
j’avais rendez-vous chaque année. Je passai l’immense
portail en fer forgé et me dirigeai, en silence, au milieu des
allées, afin de l’atteindre. Je m’assis face à elle et
commençai à lui parler. Elle ne me répondit pas. Comment
aurait-elle pu ?
Je lui racontais ce qui s’était produit cette semaine, me
remémorant le matin même, le regard d’Hélène quand je lui
avais annoncé que j’avais pardonné Michaël. Elle était
heureuse que je sois enfin allé le voir. La fierté brillait dans
son regard. J’avais au moins donné le sourire à
quelqu’un ces jours-ci, malgré mon état physique et moral
déplorable.
Je
restais là, à lui raconter tout ce qui me passait par la tête. Je
me délestais de mes états d’âme et lui dévoilais mes
profondes réflexions. Elle était la seule à qui je pouvais confier
tout ça, tous mes tracas, toutes mes faiblesses. Elle avait
toujours été là pour m’écouter, et aujourd’hui encore
je pouvais évacuer ma douleur en lui parlant. Les heures
s’écoulaient sans que je les voie passer.
Je n’avais plus rien à dire. J’avais asséché ma soif de
parler. J’observai le ciel étoilé, en silence, enroulé dans
mon manteau. Ma respiration créait des volutes de fumée blanche que
je suivais du regard.
— Joyeux Noël, Shane.
Je sursautais légèrement. A cette heure tardive, cet endroit était
sensé être désert, surtout le soir de
Noël.
Je me
retournai et découvris Michaël.
— Pardon ?
Il
sourit et vînt s’asseoir à côté de moi.
— Il est minuit.
— Déjà ? M’exclamais-je en regardant ma
montre.
J’étais là depuis des heures et pourtant, je n’avais
pas l’impression qu’il s’était écoulé autant de
temps.
— Qu’est-ce que tu fais là ?
Demandais-je.
— Je suis venu te voir. Je me doutais bien que tu serais ici.
Répondit-il en jetant un coup d’œil à sa
tombe.
Je jetai un regard circulaire sur le cimetière. Il était
vide.
— Tu ne passes pas Noël avec ta
famille ?
— Je n’ai pas de famille.
Un
silence pesant s’installa entre nous.
Pas
de famille ? Il n’avait pas refait sa vie ? Et ses
parents ? Etaient-ils morts ?
— Merci de m’avoir pardonné. J’ai culpabilisé
pendant tellement de temps.
— Je l’ai fait parce que j’ai compris que tu
n’y étais pour rien. Enfin, pas
directement.
— Mais, tu penses toujours que si je ne l’avais pas
rejetée elle serait encore là, non ?
— J’admets. Mais je ne comprends pas pourquoi tu
l’as rejetée.
— Tu n’as même pas une petite
idée ?
— Pourquoi ? Je devrais ?
Il me regarda droit dans les yeux, une lueur que je ne
parvenais pas à déchiffrer au fond du regard.
— J’avais quelqu’un d’autre en
tête…
Je le regardais, incrédule. Keira était géniale, avait tout pour
elle et il avait quelqu’un d’autre en
tête ?
— Keira ne te plaisait pas ?
— Pas vraiment, non.
Keira était une fille très jolie, adorable et attirait bon nombre
de convoitises masculines et elle ne lui plaisait pas ? Je
n’en revenais pas !
Pourquoi me regardait-il ainsi ? Serait-ce possible que…
Non ! Pensais-je en secouant la tête.
— Elle était pourtant très belle et elle
t’aimait.
— Oui mais, … toi aussi.
Je tournai vivement la tête vers lui, éberlué, les yeux
écarquillés. Comment pouvait-il savoir ça ? Je l’avais
pourtant si bien caché ! D’ailleurs, tout le monde
croyait que je le haïssais. Ce qui était vrai d’un
côté… Je le haïssais pour les sentiments qu’il me
faisait éprouver à son égard.
— Elle ne me plaisait pas tout simplement parce-que mon style
c’était plutôt son grand frère. Me répondit-il en
souriant.
J’ouvris les yeux encore plus. Serait-ce vrai ? Il avait
rejeté Keira pour moi ? L’homme sur lequel
j’avais fantasmé toutes ces années voulait de moi ?
J’avais rejeté en bloc mes sentiments à son égard pour
rien ? Ma sœur s’était suicidée pour un amour de
toute façon impossible ?
Il profita de mon ébahissement pour m’embrasser. Un baiser
froid comme les flocons nous environnement, à cause de nos lèvres
glacées, mais, brûlant comme notre passion et magnifiquement
tendre.
Et
dire que j’avais rêvé de ce moment durant toute mon
adolescence mais n’avais jamais osé
l’espérer.
Qui aurait cru que le garçon le plus beau et populaire du lycée
était gay ? Et surtout, qu’il m’avait choisi
moi ?
Il se sépara de moi, plongeant son regard dans le mien. Je
lui souris et il fit de même.
— Tu sais, la vérité c’est que Keira
n’était pas amoureuse de moi comme tu sembles le croire.
Donc, on ne peut pas dire que je l’ai rejeté. Elle
n’est pas morte pour moi.
Je fronçai les sourcils. De quoi
parlait-il ?
— On avait discuté tout les deux et elle n’allait
vraiment pas bien. Elle avait découvert quelque chose
d’horrible sur son histoire. Et ça lui était
insupportable.
Il fit une pause et m’interrogea du regard comme pour me dire
que ce qui allait suivre, je préfèrerais sans doute éviter de
l’entendre. Je l’intimai de continuer. Maintenant
qu’il m’avait parlé de ça, je voulais savoir. Michaël
reprit mais, à regret.
— Tes parents n’étaient pas les siens. Elle a trouvé
des lettres par hasard. Une correspondance entre ta mère et une
tante éloignée. Ça disait, en gros, qu’elle avait été
abandonnée à la naissance par ses parents biologiques. Keira en a
déduit qu’elle n’avait jamais vraiment été aimée
puisque ses parents n’avaient même pas voulu d’elle,
que les élèves du lycée ne l’appréciaient que pour son
apparence et que personne ne la connaissait
vraiment.
J’étais désemparé. Pourquoi ne m’en avait-elle jamais
parlé ? J’étais là moi. J’aurais pu
l’aider ! Je l’aimais, elle aurait pu tout me
dire, je ne l’aurais jamais laissée tomber ! Mais elle
avait décidé de se confier à Michaël. Une pointe de jalousie me
transperça le cœur. Moi qui pensais que nous étions proches,
je m’étais lourdement trompé…
— Je lui ai que c’était faux, qu’il y avait
beaucoup de gens qui l’aimaient mais, je n’aurais
jamais cru qu’elle réagirait comme elle l’a
fait !
Cette histoire était horrible. Jamais je n’aurais imaginé
quelque chose de plus sordide.
Mais, malgré le tragique de la situation, un sourire vint se placer
délicatement sur mes lèvres. Michaël me regarda d’un air
interrogateur.
Cette
nouvelle, quoique triste, était un soulagement pour moi.
J’avais toujours cru qu’elle était morte pour une
raison futile. Un homme, une déception amoureuse : il
n’y a rien de pire comme raison pour se tuer. Mais,
j’apprenais qu’elle avait une toute autre raison, qui
prenait tout son sens, elle. Elle n’était pas morte pour
rien ! Et cette pensée me rendait heureux. Mon raisonnement
était difficile à comprendre mais, au moins, je ne me torturerais
plus pour son décès. Michaël le comprit et me prit dans ses bras
tandis que les larmes dégringolaient le long de mes
joues
Nous scellâmes notre destin d’un doux baiser sous la
neige.
— Joyeux Noël. Souffla-t-il.
Je
souris et enfoui ma tête dans le creux de son cou. L’avenir
nous appartenait désormais et le passé ne viendrait plus nous
entraver.
Il était là, me regardant, ses yeux noirâtres me fixaient sans
ciller. Affalé contre un mur, à même le sol, les bras ballants et
les jambes molles, il ne bougeait plus. Le regard vitreux et les
prunelles vides de toute émotion, il restait parfaitement immobile.
Je frissonnai en observant son visage figé. Une sorte d’onde
ténébreuse semblait l’entourer, ou n’était-ce que les
divagations de mon esprit dérangé, s’ajoutant à
l’obscurité du lieu ? Je resserrai mes bras autour de moi en
frémissant. Cet endroit me donnait la chair de poule. Où
étions-nous d’abord ? Aucune idée. Surement encore dans
un squat. La fête était finie et tout le monde avait vidé les
lieux. Nous étions seuls. Mon regard se perdit un instant sur les
bouteilles vides et emballages en tout genre avant de revenir sur
lui.
Pourquoi ne bougeait-il pas ? Je l’apostrophais :
aucune réaction. Qu’est-ce qui lui arrivait ? Il avait
surement encore trop bu.
Comme d’habitude…
Je m’approchais de lui et me rendis compte que ses paupières
ne se fermaient même plus. L’angoisse m’agrippa
violement l’estomac. Je me jetai sur lui et lui attrapai
l’épaule. Ce ne fut qu’à cet instant que je rendis
compte de la raideur de son corps. Je passai ma main sur sa joue,
le cœur enserré dans un étau de glace. Je collai mon oreille
contre son torse et priai pour que mes pires craintes soient
infondées. Seulement… je ne perçus aucun son, aucune
vibration, aucun mouvement dans sa cage
thoracique.
Je relevai lentement la tête tout en ne quittant pas son visage des
yeux. Une sensation froide et humide me fit porter mes mains à mon
visage. Je baissai le regard : mes mains étaient inondées de
larmes tout comme mes joues.
Des larmes que je ne sentais même pas. Des larmes ne me soulageant
pas.
Le choc survint immédiatement après. A travers mes doigts je
distinguai quelque chose d’étrange. Son jean était blanc à
certains endroits…
Le paysage désolé sembla tourner autour de moi. Je distinguais à
peine toutes les bouteilles et les canettes abandonnées ça et là,
les murs décrépis, le délabrement des lieux, mon esprit était à des
kilomètres de là. Je ne pouvais pas le
croire !
Je levai la tête, observant le ciel étoilé, et tentai de retenir le
flot de larmes qui menaçait de se déverser à tout
moment.
On croit toujours qu’en levant la tête et regardant assez
haut, nos larmes resteront bien sagement dans nos jolis yeux et ne
tenteront plus de s’échapper. Naïve erreur. Malgré ma
volonté, mon visage se couvrit d’une kyrielle de gouttelettes
brillantes et argentées, miroitant sous le doux reflet de la
Lune.
Une vague de colère me submergea et balaya ma tristesse. Je lui en
voulais. Je lui en voulais vraiment ! Je lui en voulais
tellement ! Il m’avait promis ! Mon poing atterrit
sur son torse mais, avec le peu de forces que j’avais, il
s’y écrasa lamentablement. Ce seul contact suffit à le faire
vaciller et il se retrouva allongé par
terre.
Cette nuit aurait dû être merveilleuse, je voulais lui avouer mes
sentiments pour pouvoir passer les premières minutes de cette
nouvelle année le regard plongé dans le sien, le corps blottit dans
le creux rassurant de ses bras. Au lieu de ça, mon année démarrait
de façon si désastreuse que j’avais envie d’hurler. Il
était mort sans jamais avoir su que je
l’aimais.
Ma main s’abattit sur le sol avec violence. Pourquoi était-il
partit ? Pourquoi m’avoir laissé ici sans lui ? Son
acte était-il volontaire ou
irréfléchi ?
Il m’avait dit ! Il avait promis ! La coke
s’était fini ! Et l’héro
aussi !
Je noyai mes pupilles
dans le firmament infini, avant de me blottir contre lui.
L’air froid me mordait brutalement la peau mais, à présent
plus rien ne comptait. Seul lui restait.
Mes paupières glacées se fermèrent et mes doigts engourdis se
crispèrent sur lui. La dernière image que je vis, à part son
merveilleux visage, fut cette immensité étoilée que j’aimais
tant, avant qu’un lourd sommeil ne m’arrache à la
conscience pour m’emmener vers
l’éternité…
Et, l’éternité avec lui, n’importe où, sera toujours
mon paradis.
Je vous poste ce
mini Os, que j'ai écrit la semaine dernière je crois
xD
Je n'ai toujours pas fini d'écrire le
chapitre 17 *cours se planquer* Faut me
comprendre aussi (comprendre quoi ? T'es en vacances feignasse !)
j'ai fini le plan de l'histoire et c'est bientôt la fin alors ça me
déprime parce que j'ai pas envie de les laisser mes petits namours
Mais bon, promis je vais essayer de me
dépêcher et par la même occasion rajouter des chapitres pour
ralonger l'histoire
Et Bonne année au fait
!
Mirage ~~> Moi
non plus je veux pas le quitter mais bon... Va bien falloir, je ne
peux malheureusement pas les garder indéfiniment ^^ Faut bien
donner une fin à cette histoire
Cassandre ~~>
Merci beaucoup ! ça me fait très plaisir ce que tu me dis ! (Pas le
fait de te faire pleurer hein xD) Si tu ressens autant d'émotions
c'est encore meiux qu'un compliment parce que ça veut dire que j'ai
bien réussi à transcrire les émotions de mes personnages ^^
Layla ~~> Merci !
Je m'améliore ! Si tu trouves plus tes mots ça veut dire
que j'ai réussi ! xD Layla la piplette qui cherche ses mots ! C'est
un évènement de taille !
Cass ~~>
T'inquiète pas t'es pas toute seule ! Moi c'est la même ! Plus c'est tordu mieux
c'est
M-C-chou ~~>
J'adore le trash et le tragique et même le gore !
Ryan ouvrit
les yeux. Une légère mais régulière caresse parmi ses mèches
blondes l’avait tiré des bras de Morphée. Il découvrit le
regard scrutateur de Josh posé sur lui. Un léger sourire naquit sur
ses lèvres en plongeant son regard dans celui du
photographe.
—
T’es mignon quand tu dors.
Déclara Josh en souriant.
Le jeune blond sentit
ses joues s’empourprer.
—
Et encore plus quand tu
rougis.
Ryan baissa le regard,
gêné. La teinte rosée de son visage s’intensifia pour devenir
de plus en plus foncée. Josh laissa échapper un petit rire discret
avant de venir déposer un chaste baiser sur les lèvres de son
amant.
—
Soit pas gêné.
Le roux se releva sur
les coudes.
—
T’as
faim ?
—
Un peu. Répondit Ryan encore
légèrement mal à l’aise.
Un léger
sourire étira les lèvres du photographe, il se leva et attrapa
son compagnon par la main.
—
Allez, viens.
Ils s’installèrent
à la table de la cuisine attendant que la cafetière
chauffe.
—
Tu…tu connais Terrence depuis
longtemps ?
Le visage de
Josh se ferma. Pourquoi parlait-il de ça maintenant ? Ils
étaient tranquilles et voilà qu’il remettait des souvenirs
peu réjouissants sur la table. Le problème était que Ryan
n’avait pas réfléchit avant de parler, il voulait juste
briser le silence qui menaçait de s’éterniser. Quand il se
rendit compte de ce qu’il avait demandé, il posa une main sur
sa bouche, écarquilla les yeux et devint écarlate. Mais, malgré
l’embarra qu’il ressentait, il ne tenta pas de se
reprendre parce qu’après tout, il voulait quand même
savoir.
—
Oui. Si on veut. Depuis mes quinze
ans.
—
Ah ouais, quand
même.
—
Ouais, ça fait un bout de temps. Et
toi ?
—
Ah… ben…Bégaya
Ryan.
Il
s’attendait à cette question mais, pas si vite… Et
puis, il ne voulait pas franchement en parler. Mais… il
avait lancé la conversation, non ? Pour son plus grand
désarroi…
Pourquoi avait-il fallu qu’il l’ouvre ?
Maintenant, il ne pouvait pas rester silencieux. Ryan croisa le
regard patient de Josh et décida qu’il avait droit à des
explications. Peut-être sa curiosité cachait une part de
jalousie ? Il l’espérait en tout cas. C’est pour
ça qu’il fixa le mur face à lui et ouvrit la bouche pour lui
répondre et commencer à débiter son récit. Josh ne
s’arrêterait surement pas à cette question…
—
Il y a un peu plus d’un an.
Presque un an et demi pour être exact. À Sydney mais, ça tu dois
déjà le savoir, non ?
Josh
acquiesça.
—
Qu’est-ce qui s’est
passé ? Demanda-t-il.
—
Je… je l’ai rencontré
dans un bar, un soir. On a discuté. Ou plutôt, je parlais et il
écoutait. Il a appris beaucoup de choses sur moi ce soir-là. Mais,
il a surtout retenu que mon père était le PDG d’une grande
entreprise de marketing. Après cette soirée, on s’est revu.
Je l’appréciais de plus en plus. Il a rencontré mon père à
qui il a fait très bonne impression, il lui a offert une place dans
sa société. Terrence gagnait énormément d’argent grâce à ça.
On est sortit fêter ça. Et, c’est là que tout a dérapé. Je
m’étais bien rendu compte que ce que j’éprouvais à son
égard était plus qu’une grande amitié, à mon plus grand
désespoir d’ailleurs. Enfin, ce soir là, j’avais un peu
trop bu et il en a profité…J’ai eu beaucoup de mal à
l’accepter par la suite mais, c’est là que j’ai
découvert que j’étais … gay. On est resté quelques mois
ensemble, il est même venu habiter chez moi. Il m’assurait
qu’il m’aimait et je le croyais… Sauf
que…un jour, en rangeant un de ses livres, une photo est
tombée. Une photo de lui et… un homme. Ils
étaient…ils étaient…
Ryan fit une
pause de quelques secondes, les yeux fixés sur le mur face à lui,
n’osant croiser le regard de Josh surement chargé de pitié
face à sa stupide naïveté. Sauf que, s’il l’avait
regardé, il aurait vu une lueur de compréhension dans ses grandes
prunelles bleues mais, aucune trace de pitié ou de
mépris.
—
Mais, je ne voulais pas le croire.
Reprit Ryan calmement. Il ne pouvait pas me faire ça, il
m’aimait ! Un soir, prit d’un énorme doute, je
l’ai suivit. Il s’était rendu dans un studio photo. Je
ne pouvais plus nier l’évidence. L’homme de la photo
était là. Je suis parti avant qu’ils ne se déshabillent, sans
rien dire, les voir s’embrasser me faisait déjà assez mal
comme ça, je n’avais pas besoin de plus. Je n’ai rien
dit. Je ne voulais pas le perdre. Je préférais le partager avec un
autre que de le voir partir. C’était stupide mais, je voulais
le garder près de moi. Il a eu une promotion la semaine suivante.
Mon père l’aimait bien et n’était pas au courant de
notre relation. A peine une semaine après avoir touché sa prime il
a disparu dans la nature sans un mot, sans un
signe.
Josh baissa
les yeux, faisant mine d’observer le carrelage crème ornant
la cuisine, et reprit son air indifférent avant que Ryan ne repose
son regard sur lui. Le photographe ne voulait pas qu’il
puisse lire les émotions qui l’agitaient dans ses
yeux.
Il comprenait
la souffrance qu’il avait dû ressentir, il avait subit la
même à quelques détails près.
Il était
aussi énervé en pensant au mal que lui avait fait Terrence. Ce mec
ne pensait vraiment qu’à lui ! Comment avait-il fait
pour ne pas s’en rendre compte plus tôt ?
Mais, le plus
gros problème n’était pas là. Il ressentait aussi de la
jalousie. Terrence avait réussi à se faire aimer de Ryan alors
qu’il n’était qu’un connard fini, pourrait-il, un
jour, en dire autant ?
Josh secoua
vigoureusement la tête. Qui parlait d’amour ? Ridicule.
—
Il a toujours été un grand séducteur
mais surtout, très manipulateur.
—
Je l’ai appris à mes dépends.
Ce que je comprends pas par contre c’est que, à peine
après avoir quitté Sydney, je le retrouve ici.
Josh
l’observa silencieusement. Que pouvait-il lui répondre ?
Coïncidence ?
Le silence
s’étendit. Aucun des deux jeunes gens ne savait quoi dire. La
cafetière émit deux « bip » stridents qui les firent
sursauter.
Le roux se leva et leur
servit une tasse à chacun.
—
Mais pourquoi Tom t’a amené à
cette soirée ? Demanda Josh en reprenant sa
place.
—
Tom n’est au courant de
rien.
Il fit une pause puis
perdit son regard émeraude dans celui océan de son
vis-à-vis.
—
Il ne sait pas et ne saura jamais.
Il ne sait pas non plus que j’ai délaissé la photo.
C’est pour ça que je me retrouve dans la même boîte que toi.
Il ne comprendrait pas. Et puis, comment lui expliquer ?
Impossible…
—
Je ne comprends d’ailleurs pas
moi-même pourquoi tu as abandonné la photo.
—
Avant, j’avais la même vision
que toi de la photographie mais, maintenant, les seules pensées qui
me viennent quand j’ai un appareil entre les mains
sont : horreur, douleur, trahison. C’est stupide mais,
plus fort que moi. Je n’y arrive plus.
—
C’est parce que tu n’as
pas encore réussi à tourner la page. Je suis persuadé que tu peux
réapprendre à aimer la photo. Avec juste un peu de bonne
volonté.
Un silence
s’installa, chacun réfléchissait aux paroles de
l’autre. Ce fut Ryan qui le brisa en premier.
—
Ça n’a rien à voir mais, tu as
toujours voulu travailler avec ton père ?
—
T’as toujours voulu être
gay ? C’est pas un choix. C’est plutôt un truc
impossible à éviter. C’est pire que l’hérédité. Il a
toujours voulu que je travaille avec lui et que je reprenne le
magazine après lui.
—
Tu aurais voulu faire
quoi ?
—
Si ça ne tenait qu’à moi, je
ferais le tour du monde pour graver à jamais toutes les merveilles
qu’il contient sur ma pellicule.
—
Ta relation avec ton père à
l’air cool pourtant. Si tu lui en parles, je ne pense pas
qu’il le prendra mal. Peut-être même qu’il te laissera
partir.
—
Je n’ai pas de frère ou
sœur qui pourrait prendre la relève. « Tendance »* c’est
toute sa vie, je ne peux pas l’abandonner
maintenant.
—
Qui te parle de
l’abandonner ? Tu pars juste un an ou deux et tu
reviens. Tu auras réalisé ton rêve. A quoi servent les rêves
s’ils restent cloitrés dans un coin de nos
têtes ?
Josh
l’observa un instant. Peut-être était-ce une bonne idée.
Mais, il aurait quand même l’impression de l’abandonner
même l’espace d’un an. Et s’il venait à mourir
durant son absence ?
Leurs
réflexions respectives furent interrompues par la sonnerie du
téléphone de Josh.
Désolée pour cette longue attente
!
J'ai vraiment honte là de vous
avoir fait patienter si longtemps !
Je m’observe une dernière fois dans le miroir. Je suis prête.
J’attrape ma veste et sors. Les flocons tourbillonnent autour
de moi comme un ballet enchanteur. Je sautille gaiement dans les
rues enneigées et silencieuses. Je me sens toute légère.
L’euphorie de la soirée à venir s’est emparée de moi et
ne me lâche plus. Ce soir, c’est la fête. On change
d’année, d’espoirs, de projets. Mais, surtout, ce soir,
je vais te retrouver. Je passerais les premières minutes de la
nouvelle année avec toi. Je me sens comme sur un petit nuage. La
magnificence des petits angelots de glace qui m’encerclent
accroissent ma félicité. J’ai toujours aimé la neige. Ça a
quelque chose de très pur mais aussi une jolie connotation poétique
implicite. Je traverse les avenues parisiennes le sourire aux
lèvres. Tout semble feutré. Chaque pas, chaque bruit, chaque
souffle est étouffé. Toute la ville parait calme et
paisible.
Ta silhouette apparait au bout de la rue, au milieu de cette
kyrielle de petits anges argentés. Je sens mon sourire
s’élargir et mon rythme cardiaque s’accélérer. Les
tremblements de mes jambes sont devenus incontrôlables. Je
m’avance vers toi. Tu me prends dans tes bras. Tu
m’embrasses. Baiser passionné qui me coupe le souffle. Tu me
relâches. Je chancelle. Après tous ces jours passés à tes côtés,
mon trouble ne s’est pas atténué. Tu me proposes
d’aller faire un tour avant de rejoindre la fête.
J’accepte. Nous nous baladons mains dans la main. Nous
discutons de tout, de rien. Nous rions. Nous sommes bien. Le temps
file à une vitesse incroyable. Nous ne le voyons pas passer. On
doit se demander où nous sommes. Ou pas. Qu’importe. Je suis
avec toi.
A dériver
ainsi dans la ville, nous nous sommes retrouvés au pied de la Tour
Eiffel. Sublime dans sa robe scintillante. Nous restons là, à la
contempler, un instant, avant de retourner à notre errance
utopique.
Tu
t’arrêtes au milieu d’une rue qui m’est inconnue
et regarde ta montre. Tu te retournes vers moi, me souris et
me reprends dans tes bras, mettant mon cœur au supplice. Tu
me chuchotes « bonne année ». Je suis étonnée.
Déjà ? Nous avons marché si longtemps ? Finalement, nous
n’aurons même pas mis les pieds à cette fête. En fait, ça ne
me gène pas du tout. Tu m’embrasses et me gardes serrée
contre toi. J’ai passé une merveilleuse soirée dans tes
bras.
Plongés dans
notre bonheur chimérique, nous n’avons pas vu que
l’obscurité se mouvait. Cinq personnes sont apparues. Tu
t’écartes de moi gardant ma main dans la tienne. Tu les
connais. Tu me dis de courir. Devant moi, tu me guides, ne me
lâchant pas. Accrochée à toi, je m’efforce de garder le même
rythme que toi. J’ai peur. Ils ont l’air si haineux.
Que leur as-tu fait ?
Ils nous
interceptent au bout de la ruelle. Cette attaque n’était pas
prévue. Ce coup de couteau non plus.
Le sang a
jailli pour se répandre sur le sol au milieu de tes cris. Tout va
trop vite. Je ne me rends plus compte de ce qui se passe. Ce
n’est qu’en entendant tes pleurs que je comprends que
c’est fini.
Le premier
jour de l’année : de merveilleux est passé à
cauchemardesque. Nous étions si heureux.
Aujourd’hui, je te dis adieu pour un temps.
Peut-être te retrouverais-je plus tard. Qui sait ?
Ce soir, je
prends mon envol et rends mes ailes pour une vie nouvelle guidée
par les anges de glace et nos lucioles.
Le chapitre 18 est écrit, il ne me
reste plus qu'à le taper pour pouvoir le publier ^^
Je vais essayer de faire ce que
je peux, parce que j'ai de moins en moins l'ordi donc c'est pas si
simplemais, je vais me débrouiller en espérant
que ça ne prenne pas trop de temps
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