Accueil Date de création : 31/08/08 Dernière mise à jour : 04/11/09 18:56 / 63 articles publiés

OneShôt

Inoubliable - Oneshôt  (OneShôt) posté le mardi 02 septembre 2008 19:15

 

 

 

 

Inoubliable

 

 

            Le ressac de l’eau sur la plage. Deux corps brûlants au milieu des dunes de sable, éclairés par la faible lueur bleutée de la Lune.

Deux bouches qui se cherchent. Des lèvres qui se frôlent. Deux langues qui s’entremêlent. Un baiser passionné. Des mains qui s’attrapent. Des doigts qui s’entrecroisent.

Elle sentait encore ses longs cheveux lui effleurer la peau et la douce sensation du sable chaud roulant sous son dos.

Une passion commune. Un amour unique.

Marilyn secoua la tête pour chasser ces souvenirs qui la hantaient encore aujourd’hui. Cela c’était passé plus de dix ans auparavant. Pourquoi ces faits passés et désormais douloureux revenaient maintenant, faisant ressortir de troublantes émotions ?

La jeune femme regarda son reflet dans le long miroir en pied qui lui faisait face.

Vous êtes magnifique ma chère ! S’exclama sa future belle-mère en entrant dans la pièce.

Et c’était vrai. Elle n’aurait jamais pu croire qu’une robe pouvait la transformer de la sorte !

— Il va falloir y aller maintenant. C’est l’heure. Vous êtes prête ?

— Oui.

Marilyn sortit de la chambre et descendit le grand escalier menant au rez-de-chaussée. Quand sa mère la vit, elle porta une main à son cœur.

— Oh ma chérie… Tu es splendide !

— Merci maman. Répondit Marilyn en faisant attention à ne pas marcher sur le bas de sa robe.

— Le chauffeur est là. Il n’attend plus que toi. Tes demoiselles d’honneur sont déjà à l’église.

La jeune femme sortit de la maison pour rejoindre la Rolls où sont père l’attendait déjà. Il lui ouvrit la portière en la complimentant sur sa robe, puis s’installa à ses côtés. Elle vit sa mère et sa belle mère partir dans un autre véhicule et les précéder sur la route. Il ne leur fallut que dix minutes pour arriver à l’église. Marilyn descendit de la voiture quand son chauffeur lui eu ouvert la portière, elle fit très attention à ne pas accrocher sa robe à la voiture. La jeune femme ne voulait pas risquer de la déchirer cinq minutes avant son mariage. Son père lui tendit le bras et elle le prit. Ils avancèrent jusqu’à l’entrée du monument où il s’arrêta.

    Ça va ? s’enquit-il.

    Oui.

    Pas trop nerveuse ?

 Un peu oui, mais je te sens plus tendu que moi. Ce n’est pourtant pas toi qui te marie ! S’amusa-t-elle.

Il lui sourit et ils entrèrent dans l’église sous les applaudissements de la foule. Combien de personne sa mère avait bien pu inviter ? Cent ? Deux cent ?

Marilyn sourit en voyant ses demoiselles d’honneur évoluer autour d’elle comme un ballet. La marche nuptiale débuta et le cortège avança. La jeune femme croisa le regard d’Anthony. Il l’observait d’une manière telle qu’elle se sentait l’âme d’une pierre précieuse. Il arborait un sourire étincelant et son visage irradiait d’une joie telle, qu’il aurait pu, à lui seul, éclairer tout le bâtiment. La jeune femme dû réprimer l’hilarité qui menaçait d’éclater à cette pensée absurde mais vraie. Dans ses yeux brillaient un bonheur intense mais aussi une lueur d’inquiétude, comme s’il avait peur qu’elle disparaisse ou change d’avis. Ce qui était ridicule. Pourquoi disparaîtrait-elle ? Et si elle était là c’est qu’elle n’avait pas changé d’avis !

            Ils arrivèrent devant le futur marié, son père l’embrassa sur le front avant de se retirer pour prendre place sur un banc. Marilyn saisit le bras qu’Anthony lui tendait et vint se placer à ses côtés. La cérémonie pu débuter.

Tout se passa très bien jusqu’à ce que le prêtre demande à l’assemblée :

            « Si quelqu’un s’oppose à cette union qu’il parle maintenant ou se taise à jamais. »

La porte de l’église s’ouvrit à la volée avec un bruit assourdissant. Tous les convives se retournèrent en même temps que les futurs mariés, pour voir la grande femme brune qui se tenait dans l’embrasure de la         porte.

    Je m’y oppose ! Lança-t-elle d’une voix forte.

Le timing était si parfait qu’on se serait cru dans un film.

    Pour quelles raisons ? demanda le prêtre.

L’inconnue releva le menton et pointa un doigt en direction du couple.

    Je l’aime !

Toutes les têtes se tournèrent vers Anthony sauf celle de Marilyn, qui avait descendu les quelques marches de l’estrade, et qui regardait la jeune femme abasourdie.

C’était impossible ! Que faisait-elle ici ?

Un léger murmure parcourue la salle. Tous se demandaient qui était cette femme apparemment éprise du jeune marié.

Tous. Sauf, Marilyn… et sa mère.

    J’aime cette femme ! Tonna l’inconnue.

L’agitation grandit dans l’assemblée, consternée. Marilyn tremblait de tous ses membres, n’osant y croire. Elle ne vit pas le regard haineux de sa mère.

    Je suis revenue pour toi mon amour ! Déclara la jeune brune.

La future mariée lança un regard désolé à Anthony avant de s’élancer dans l’allée pour se jeter dans les bras de cette femme qui lui avait tant manqué et qu’elle avait cru ne jamais revoir.

            — Ayla ! Souffla-t-elle.

La jeune femme serra Marilyn contre elle et regarda la mère de cette dernière en arborant un air triomphant.

    Que fais-tu là ?

    Je suis venue te chercher.

    Me chercher ?

    Oui. Pars avec moi. Partons loin d’ici !

Le visage de l’ex-future mariée s’illumina pour s’assombrir aussitôt.

    Pourquoi… ?

    Aujourd’hui, je suis enfin digne de toi ! la coupa Ayla.

    Digne de moi ?

    Je possède désormais un empire financier aussi important que le tien.

— Tu…Tu es partie pour faire fortune ? Mais… Pourquoi ? J’aurais eu de l’argent pour deux !

— J’ai toujours été une pauvre paysanne et toi une véritable petite princesse. Aujourd’hui nous sommes enfin égales !

— Mais, tu n’avais pas besoin de ça pour gagner mon cœur ! Il a toujours été tien. Protesta Marilyn. Ton départ m’a fait beaucoup de mal.

    Je suis désolée.

Ayla regarda Jane, la mère de Marilyn, un instant. Seules elles deux connaîtraient la vérité. Marilyn avait déjà trop souffert, jamais Ayla ne pourrait lui avouer que sa propre mère lui avait bien fait comprendre qu’elle était au courant de leur liaison jusqu’alors secrète, qu’elle la désapprouvait totalement (avait-on jamais vu deux femmes ensembles ?) et qu’elle n’était qu’une pauvre fille d’écurie sans intérêt aucunement digne de sa fabuleuse Marilyn. Jane l’avait littéralement chassé du domaine des LeComte.

A partir de ce jour Ayla avait décidé de montrer à cette femme de quoi elle était capable. Elle gagnerait beaucoup d’argent et serait enfin digne de la femme qu’elle aimait.

Cela faisait dix ans, mais sa rancœur à l’égard de Jane LeComte était toujours aussi poignante. Depuis dix ans, elle ne rêvait que de serrer Marilyn dans ses bras et elle y était enfin ! Cette fois, elle ne laisserait pas passer sa chance de garder la jeune blonde auprès d’elle.

    Viens Marilyn. Allons-nous-en.

La jeune femme jeta un œil à l’assemblée, s’attarda un instant sur Anthony, puis sur sa mère, elle s’excusa, prit la main d’Ayla dans la sienne et les deux femmes sortirent sous les exclamations de protestation de la foule.

Les deux jeunes femmes disparurent, main dans la main, au cœur de la nuit.

 

 

 

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Devoir de rattrapage - Oneshôt  (OneShôt) posté le vendredi 19 septembre 2008 17:41

 

 

            Le vent souffle doucement, faisant bruisser les feuilles des arbres. Il fait froid et la brise n’arrange en rien l’état d’hypothermie dans lequel je me trouve. Nous ne sommes qu’au mois de septembre, je n’ose imaginer comment se présentera décembre. Je suis frigorifié. C’est aussi ma faute. Etant en retard, je suis partit sans prendre la peine de mettre une veste.

J’arrive enfin au lycée, j’entre dans le bureau des surveillants. Aujourd’hui, je dois rattraper le devoir de maths que le prof nous avait collé un jour où j’étais absent. Quelle poisse !

            ― Vous êtes en retard ! Déclare la surveillante à laquelle je me suis adressé.

Comme si je ne le savais pas !

            ― Suivez moi. Ordonne-t-elle en se levant.

Elle attrape un polycopié qui doit être mon sujet et m’entraîne à travers les couloirs du bâtiment. La pionne s’arrête devant une porte qu’elle déverrouille et me fait signe d’entrer. Elle me donne le sujet du contrôle avant de sortir de la salle.

            ― Je reviens dans une heure. Dit-elle avant de refermer la porte et de la verrouiller de nouveau.

Euh… elle a le droit de faire ça ? Je veux dire de m’enfermer dans une salle ? Et si y a le feu ? Je reste là à griller ? C’est quoi ce lycée ??

Je regarde rapidement autour de moi et m’installe à une table près de la fenêtre. Je jette un œil à mon devoir en essayant vainement d’y comprendre quelque chose, puis, laissant tomber, je laisse errer mon regard au-dehors. Les maths n’ont jamais été mon fort, j’y ai jamais rien compris et c’est pas maintenant que ça va commencer ! Ce que je préfère ce sont les lettres ! J’ai toujours été plutôt doué pour disserter et puis la littérature me passionne à un point que s’en est effrayant ! Mes amis ne comprennent pas. Pour eux les livres ne sont que du papier qu’on leur donne à lire pour les torturer. Pour moi chaque livre est un véritable trésor, chaque livre a une âme, chaque phrase, chaque mot a une signification.

Je reporte mon attention au-dehors. Les arbres commencent déjà à perdre leurs feuilles. Leurs couleurs rouge-orangé me rendent admiratif, je trouve ce spectacle tout simplement sublime. Un oiseau passe dans mon champ de vision, attirant mon attention. Il est de couleur bleu et jaune, magnifique. La nature est si belle mais tellement éphémère qu’on a beaucoup de mal à la dépeindre avec des mots. Aucun mot, aucune phrase ne serait assez forte pour exprimer l’admiration qui me gagne.

            Un bruit me sort de mes rêveries. Je tourne la tête vers le coin le plus sombre de la pièce. Je ne suis pas seul ! Il y a là un jeune homme brun que je n’avais pas vu en entrant. Impossible de le décrire précisément dans la pénombre. La surveillante n’a même pas pensé à allumer la lumière ! Comme si on avait l’habitude de vivre dans le noir ! On n’est pas des chauves souris ! Quoique, ça pourrait être sympa…

Je détourne la tête pour me replonger dans la contemplation de l’extérieur. La rue est calme. Aucune voiture ne vient perturber la plénitude de la nature. Il n’est pourtant pas si tôt que ça. D’habitude la ville est plus animée, surtout à 9h du mat’.

Je sursaute en sentant une présence à mes côtés. Le brun vient de prendre place à côté de moi. Il s’affale littéralement sur la table en me regardant. Il a tellement de piercings qu’il me faudrait la journée pour les compter ! Son bras droit est couvert d’une multitude de fins bracelets noirs en plastique et l’autre porte une sorte de bracelet de force clouté. Son tee-shirt affirme son adoration pour Iron Maiden. Ses yeux bleu souriants sont soulignés d’un épais trait de crayon noir, ce qui lui donne une aura mystérieuse.

            ― Salut. T’y arrives pas ? Demande-t-il en désignant ma feuille.

Je n’entends même pas la phrase qu’il prononce. Je suis fasciné par son apparence. Je ne pensais pas qu’un homme pouvait avoir les traits si fin, qui lui donnent un petit côté androgyne, et être aussi différent de chaque personne que j’ai déjà croisé auparavant. Il émane de lui une beauté caractéristique que je n’ai rencontré nulle part ailleurs.

Je le fixe sans m’en rendre compte, il sourit et agite sa main devant moi.

            ― He ho ! T’y arrives pas ? Répète-t-il.

Je reviens sur Terre et me sens extrêmement gêné. Je baisse la tête et observe attentivement le sol, évitant à tout prix son regard.

            ― A vrai dire, je n’y comprends absolument rien.

Il sourit une fois de plus, attrape le sujet et le place devant lui. Il parcourt la feuille des yeux rapidement.

            ― C’est simple.

Ouais… bien sûr.

            ― T’es en L, hein ?

            ― Ouais.

Quoi ? C'est marqué sur mon front ? « Je suis en section Littéraire et je suis archinul en maths ! »

            ― Bon, j’vais t’expliquer.

            ― T’as rien à faire ?

            ― J’ai fini mon devoir dans les quinze premières minutes. Maintenant regarde. T’as juste à diviser ce facteur par celui-là pour trouver ta réponse. Par rapport à cette formule.

Il débite ses explications en pointant différents nombres sur ma feuille. Et, à mon plus grand étonnement, je comprends ! Il m’explique si bien, qu’au bout de dix minutes j’avais fini mon test.

― Merci. Si tu ne m’avais pas aidé j’aurais rendu copie blanche.

Je relève légèrement la tête et fixe un point imaginaire entre son épaule et son oreille. Je ne veux pas croiser son regard une seconde fois. Il me trouble un peu trop pour un mec et ça me dérange énormément. Je n’ai rien contre les gays, mais… enfin bref…

― Et t’aurais eu une belle bulle. Sympa pour commencer l’année !

― Tu viens de réaliser un exploit ! Réussir à faire piger quelque chose en maths à un mec qui n’y a jamais rien compris, chapeau !  

  J’ai le droit à une récompense ? Demande-t-il en me déposant un baiser sur les lèvres.

Ouah ! Euh… c’était quoi ça ? Je me recule, mais je crois que mon plus gros problème en ce moment c’est le fait que je suis tellement embarrassé que je rougis encore plus que tout à l’heure. Je sens mes joues me brûler.

Et là, à mon grand désespoir, la seule pensée qui m’effleure c’est l’envie d’un nouveau baiser.

Qu’est-ce qui m’arrive ? C’est un mec ! Il faut que je me reprenne !

Il me regarde et se rapproche comme s’il m’avait compris. Il effleure mes lèvres du bout de sa langue, langoureusement, je les entrouvre instinctivement et il fait pénétrer sa langue dans ma bouche.

Han… ! C’est pas vrai ! Je n’arrive même plus à réfléchir correctement ! Pourquoi est-ce que ça me trouble autant ? Je ne peux pas être attiré par un mec ! Malheureusement je me rends compte que j’ai le bas ventre en feu et un début d’érection plutôt flagrant, ce qui dément totalement ma théorie de « je-ne-suis-absolument-pas-gay-et-j’aime-les-filles ! ». Il se détache légèrement de moi.

            ― Au fait, mon nom c’est Evan. Que tu saches quoi crier tout à l’heure ! Lance-t-il avec un sourire pervers.

Il éclate de rire en voyant mon air interrogateur.

Crier ? Tout à l’heure ? De quoi parle-t-il ?

Puis, sans me laisser le temps de réfléchir, il poursuit ses baisers qui malgré moi me font frémir. Je me retrouve, sans savoir comment, assis sur le bureau. Evan passe sa main sous ma chemise tout en la déboutonnant. Il descend sa bouche le long de mon cou avant de me basculer en arrière.

            ― Humm…

Oh mon Dieu ! C’est moi qui gémis comme ça ? Un mec me caresse et le pire c’est que j’apprécie ! Je n’arrive même pas à résister. Mes forces sont anéanties par un désir violent qui me plaque contre la table.

Je suis allongé sur la table et il se met à califourchon sur moi et entreprend de me lécher les tétons voluptueusement.

Je ne me sens même plus. Je ne suis plus que feu et désir. Jamais je n’aurais cru un jour ressentir un désir aussi violent pour un homme. Mais en cet instant, je ne réfléchis plus, mon cerveau a été mis en pause. Je ne me laisse plus guider que par mes sensations.

Evan me retire mon pantalon et mon boxer, libérant ainsi mon sexe gonflé. Il trace de petits cercles du bout de la langue sur mon bas ventre. J’ai l’impression que je vais mourir. Il veut me rendre fou ? Il commence par lécher ma verge sur toute sa longueur avant de la prendre en bouche et de lui imprimer un mouvement de va et vient qui manque de me faire défaillir. Il accélère la cadence et je sens que je ne vais pas tarder à éjaculer.      

            ― Evan… je vais… je vais…

Evan accélère encore et je me déverse dans sa bouche. Il se redresse et repart à l’assaut de mon torse.

En le voyant au-dessus de moi, j’éprouve une irrésistible envie de le toucher, de le caresser. J’élève mes mains au niveau de son torse, lui ôte son tee-shirt et commence à explorer sa peau si douce. Je descends lentement le long de ses abdominaux et atteins sa ceinture. Mû par un désir brutal, je lui retire son jean. Il me regarde avec un sourire en coin.

            ― Tu veux ?

Surement. Mais quoi ? Que je lui taille une pipe ?

            ― T’as déjà couché avec un mec ?

Je secoue la tête, incapable d’aligner deux mots cohérents. Je crois que j’ai compris ce qu’il voulait dire tout à l’heure à propos du fait de crier. Oui, je sais, j’aurais mis le temps !

Ses paroles produisent sur moi un effet inattendu. Mon sexe se durcit plus encore et je ne pense plus qu’à l’avoir en moi.

« Mais on ne peut pas faire ça ici ! »

Oups, j’ai parlé à voix haute ! A voir son petit sourire en coin, il ne semble pas de cet avis.

Evan m’écarte les cuisses et s’apprête à enlever son boxer quand la cloche retentit. On se regarde affolés. La pionne ne va pas tarder à revenir et il vaut mieux qu’elle ne trouve pas comme ça !

 

            La porte s’ouvre et la surveillante apparaît, mais nous sommes tous deux habillés et chacun à sa place. Je dois surement avoir les joues rosies. Evan se lève, tend sa feuille à la pionne et sort. Je l’imite et sors à sa suite. Je vois un papier tomber de sa poche. Je le ramasse.

            ― Evan ! Tu as fait tomber ça !

Il se retourne et me fait un clin d’œil avant de disparaître. Je jette un œil à ce que je tiens entre les mains. Il y a un numéro précédé du nom d’Evan. Sans doute le sien...

Je retourne le papier et découvre avec stupéfaction qu’il s’agit d’une photo. De moi ! En la regardant de plus près je reconnais le tee-shirt que je portais il y a deux jours !

Ainsi, il m’avait déjà repéré…

            Début d’une histoire ou histoire d’une heure ?

 

            Au fait si ça vous intéresse j’ai eu 17 à mon devoir de maths à la plus grande stupéfaction de mon prof !  

 

 

Aïe aïe aïe pas de lemon dans ce One shot {#} 

mais c'était prévu au début ! J'vous jure ! {#}

Seulement, c'était prévu sans la sonnerie de fin des cours ! xD

Merci pour tous vos commentaires ! {#}ça fait toujours super plaisir !

 

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Dernière nuit - Oneshôt  (OneShôt) posté le dimanche 05 octobre 2008 13:29

 

 

 

            Je sens son souffle chaud dans mon cou, son corps contre le mien, ses mains posées sur le mur de chaque côté de ma tête. Je ne sens pas son cœur battre, il n’en a pas. Je sens ses larmes glisser le long de sa joue. Je sais déjà. Je l’ai compris tout de suite. Son air lugubre et désolé, ses yeux rougis et ses mains tremblantes l’ont trahi. Je savais depuis le début que ça finirait par arriver mais, j’ai choisi de l’ignorer et maintenant, je me retrouve au pied du mur, seul face à mon désespoir. J’aurais du profiter plus encore de nos derniers mois ensemble. Je ne veux pas que ça arrive déjà, mais je ne veux pas lui montrer, je ne veux pas qu’il sache que j’ai peur.

Il relève la tête, sa joue contre la mienne et semble fixer le mur derrière moi.

            — Je suis désolé. Souffle-t-il.

Il ne me regarde pas. Il n’ose pas. Je ferme les yeux et me souviens.

            Je me souviens de notre première rencontre. C’était il y a trois mois, un jeudi soir, dans le parc de la ville. Il faisait nuit et je me suis assis à côté de lui. Il m’a dit qu’il valait mieux que je ne reste pas là, que c’était dangereux, et je lui ai répondu que j’aimais le danger. Nous avons discuté toute la nuit et je suis rentrée chez moi au petit matin avec une seule idée en tête : le retrouver le soir même. Retourner discuter avec cet homme si beau et mystérieux qui dégageait un sentiment de danger. Il me fascinait déjà à l’époque. Depuis cette nuit là, nous nous retrouvions chaque soir au même endroit, jusqu’au jour où je l’ai ramené chez moi…

Au fil du temps, nous nous sommes attachés l’un à l’autre, nous sommes tombés amoureux, nous ne pouvions plus vivre l’un sans l’autre et puis… les siens s’en sont mêlés…

Je rouvre les yeux, il m’embrasse et ce baiser a un arrière goût d’adieu. Je sens ses lèvres parcourir lentement mon cou. Il passe sa main dans mes cheveux et me serre dans ses bras.

            — Je ne peux pas. Je n’y arrive pas. Chuchote-t-il à mon oreille.

Je lui caresse la joue tendrement et le regarde droit dans les yeux.

            — Fais-le ! Tu préfères que quelqu’un d’autre que toi s’en charge ? Moi non ! Alors fais-le !

Il se rapproche de moi et m’embrasse de nouveau, mais ce baiser là fait remonter une vague d’émotion en moi. C’était le même que la première fois. Il reproduisait exactement notre premier baiser, avec cette timidité qui se transforme en avidité puis en passion. Seulement, cette fois, des gouttes d’eau salées s’insinuent entre nos lèvres et ce sera notre dernier baiser, identique ou presque à notre premier.

Il se sépare de moi à regret et dépose ses lèvres dans le creux de mon cou. Il hésite. Je sens les autres prêts à bondir s’il refuse. Je ne les vois pas, ils sont quasiment invisibles, mais, je sens la tension qui règne dans le parc. Notre parc. Je m’accroche à lui de toutes mes forces.

            — Je t’aime. Me souffle-t-il.

Je souris, oh moins mes derniers instants auront un léger gout d’optimisme. Optimisme inachevé.

            — Moi aussi. Je t’ai toujours aimé.

Je l’ai rencontré ici et je mourrais ici avec lui.

Je ne peux retenir un cri quand ses canines pénètrent ma chair. J’ai la désagréable impression que mon cou se déchire et une douleur lancinante me transperce le haut du corps. Des larmes de souffrances coulent de mes yeux clos sans que je n’ai pu les en empêcher. Ça y est. C’est la fin. Je ne le reverrais plus…

Ce n’était pas sa faute, il avait été forcé de me tuer. Le clan de vampire auquel il appartenait n’approuvait pas sa relation avec un humain. Je me rappelle le soir où il me l’avait annoncé. Comme je connaissais son secret, un cruel ultimatum a été posé : Soit mon amant me tuait, soit ils s’en chargeraient.

            Le sang quitte mon corps en même temps que me vie. Je n’ai aucun regret. J’ai vécu de merveilleux  moments avec lui et notre amour n’aura pas été détruit pas l’animosité des gens ni par celle de son clan. Je ne serais plus, mais, notre amour ne sera jamais altéré. Le regard des autres n’aura pas eu raison de nous. Nous nous aimions sincèrement et nous nous aimons toujours. Je n’ai pas de regrets car je meurs dans ses  bras, là où est ma place, là où j’ai l’impression d’avoir commencé ma vie. Mon existence a débuté le jour de notre rencontre. Il n’y avait que dans ses bras que je me sentais vivant.

            Je n’ai plus de sang, et mon âme me quitte. Je ne vois plus rien, je ne sens plus rien. C’est fini. J’ai quitté cette vie, ce monde, mais surtout je l’ai quitté lui, mais, ce n’est que pour mieux nous retrouver.

 

 

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Où que tu sois... - Oneshôt  (OneShôt) posté le vendredi 07 novembre 2008 17:08

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Où que tu sois…

 

 

            J’avais les idées embrouillées. Je m’étais fait jeter et avais échoué dans ce bar minable. Je m’étais retrouvé, sans savoir comment, en train de te draguer. T’étais plutôt canon et j’étais plutôt bourré. Je t’avais embrassé et tu n’avais pas été contre, au contraire, tu y avais même répondu avec enthousiasme.

Je me rappelle. Je me rappelle de tout. Je me rappelle de chaque mouvement, de chaque geste. Tu m’avais caressé le torse avec avidité et je t’avais même retiré ta chemise. Nous nous embrassions, comme si nous étions seuls au monde, sans interruption, avec sauvagerie, jusqu’à ce que le patron du bar nous jette dehors en nous interdisant de revenir. Sale homophobe.

Nous avions parcouru les rues en riant et jouant comme des gamins. Nous avions finalement atterrit devant chez moi, je t’avais proposé de monter et tu avais accepté. Nous étions montés à l’étage mais j’avais à peine eu le temps de refermer la porte que tu me sautais déjà dessus. Nous étions arrivés dans la chambre avec difficulté. Trop pressés pour atteindre le lit, nous avions fait l’amour sur la moquette.

            Le lendemain, je m’étais réveillé dans mes draps. Tu étais là à me regarder, appuyé sur un coude. Tu ne peux pas imaginer à quel point tu étais sexy ! Tu m’avais salué d’un baiser.

            A partir de ce jour, nos rencontres étaient devenues quotidiennes. Nous étions heureux tous les deux.

Jusqu’à ce fameux jour. Ce jour où j’avais décidé de t’avouer mes sentiments tous neufs. Ce jour maudit où j’avais découvert que tu étais mon nouveau prof de maths, et toi, que j’étais ton élève. Je m’étais rendu compte à ce moment là, qu’en vérité je ne connaissais pas grand-chose de toi. Ce jour qui aurait dû être merveilleux avait tourné au cauchemar. Ce jour là, tu m’avais annoncé que c’était fini et qu’on ne pouvait plus se voir. J’avais accepté, résigné. Pour rien au monde je n’aurais perdu la face et encore moins devant toi. Ma fierté était bien trop développée.

            J’avais séché le reste de la journée pour pouvoir pleurer, sans avoir à me cacher. Je n’avais pu empêcher mes larmes de couler, mais ça, jamais tu ne le sauras.

J’avais passé des mois à tenter de t’oublier, mais comment faire alors que je te voyais tous les jours en cours ? Comment ne pas te regarder ? J’avais loupé mon trimestre comme ça. Je n’écoutais plus en cours, je les passais à t’observer. Tu étais si beau. Plus je te regardais et plus ça me tuais.

            Le dernier jour où je t’avais vu, ton regard s’était posé sur moi et j’y avais décelé une trace de souffrance. N’étais-je donc pas le seul à souffrir ?

Le lendemain, tu n’étais pas venu, un autre professeur avait prit ta place. Ne plus te voir m’avais détruit encore plus. Je ne savais plus comment te retrouver ni où te voir. J’étais totalement perdu sans toi. En si peu de temps, tu étais devenu le centre de mon Univers sans que je m’en rende compte.

            Et un soir, on avait frappé à  ma porte. Quand j’avais ouvert, tu étais là et tu me contemplais d’un air si triste que je t’avais laissé entrer. Tu m’avais expliqué que tu avais rompu pour me protéger mais que tu n’avais pu résister plus longtemps. Tu avais démissionné et trouvé un autre poste ailleurs pour pouvoir me retrouver.

            Je crois bien que c’est à ce moment que le peu de volonté que j’avais de te repousser avait sombré. Je t’aimais trop pour risquer de te perdre une seconde fois. Je t’avais embrassé et nous nous étions retrouvés dans ma chambre pour faire l’amour.

            Tu m’avais avoué que tu m’aimais. C’était le plus beau jour de ma vie ! J’étais vraiment heureux au creux de tes bras.

Le lendemain, tu étais parti en me promettant de revenir le soir même, sauf que… tu n’es jamais revenu.

            Tu avais traversé la route en sortant de chez moi au moment où un chauffard fonçait à toute allure dans l’avenue. Tu avais été transporté à l’hôpital mais le choc avait été beaucoup trop violent. Tu es mort ce jour là. Ce jour qui était le meilleur de ma vie est devenu le pire.

           

            Aujourd’hui, il ne doit pas être loin d’une heure du matin. Le ciel est vraiment très noir. Le vent glacial souffle, mais je ne le sens pas. Je ne sens plus rien à vrai dire, à part la douleur cuisante qui me détruit la poitrine, à l’endroit exact où tu as arraché mon cœur pour l’emmener avec toi dans la tombe.

Je sens à peine les larmes qui dégoulinent le long de mes joues. Je suis mort en même temps que toi, tu as emporté mon âme dans les ténèbres de la mort.

            Là, allongé sur le marbre froid de ta tombe, je ferme les yeux en espérant m’endormir pour ne jamais me réveiller et pouvoir te rejoindre où que tu sois.

 

 

C'est super court, j'entends déjà Layla gueuler  {#}

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Joyeux Noël  (OneShôt) posté le mercredi 24 décembre 2008 11:30

 

 

Joyeux Noël



 

 

De gros flocons tombaient sur la ville en tournoyant joyeusement, une légère pellicule blanche recouvrait déjà les rues, les visages souriants des passants emplissaient le paysage, les rires joyeux des enfants couvraient presque le vacarme assourdissant des voitures. Les périodes de fête faisaient sortir les gens.

On entendait des chants de Noël à chaque porte. La bonne humeur était présente partout. Ou presque…

Comment expliquer que pour chacun, Noël soit une telle source de joie alors que pour moi, cette période était la pire de l’année ?

Ça faisait des années que j’avais perdu cet entrain qui gagne la population à l’approche des fêtes. Des années que je n’avais plus cette joie de vivre, cette sensation de bonheur. C’était justement toutes les émotions contraires qui m’envahissaient en pensant au 25 décembre. C’était devenu pour moi une date synonyme d’horreur et de tragédie. Tout cet étalage de sentiments : sérénité, joie, excitation, me donnait la nausée. Toutes ces décorations me filaient le cafard. Tous ces chants faisaient remonter les souvenirs à la surface.

Tout ça me rappelait des évènements que j’aurais préféré garder enfouis au fin fond de ma mémoire, enfermés loin dans mon cœur. Mais, comment échapper à toute cette effervescence ? Impossible de faire un pas dehors sans tomber sur n’importe quoi ayant un quelconque rapport avec cette période que j’abhorrais.

Je la revoyais encore courir le long de l’avenue déserte, les larmes aux yeux et le cœur en lambeau. Je me rappelais de sa petite voix sanglotante, de ses mains tremblantes et de ses yeux rougis à cause de ses pleurs incontrôlables et incessants. Je me souvenais de la tristesse dans son regard mais aussi de la détermination qui y brillait avec force. Elle savait déjà ce qu’elle allait faire. J’aurais dû y prêter plus d’importance. Si j’avais réagit plus tôt, tout cela ne serait jamais arrivé…

Je m’adossais un instant contre la devanture d’un quelconque magasin, luttant contre le chagrin et le désespoir qui m’assaillaient. Je fermai les paupières, très fort, et serrai les poings, plongés dans les poches de ma veste. Je n’ai jamais été aussi faible que durant les fêtes de Noël. J’avais l’impression d’avoir de plus en plus de mal à retenir mes émotions ces derniers jours. Je ne dormais pratiquement plus, la douleur me tenant éveillé, je ne parvenais presque plus à fermer l’œil.

Le manque de sommeil entraîne chez certaines personnes, voire la majorité de la population, une irritation très facile à exciter mais, pas chez moi. J’étais simplement hors du monde réel, perdu dans ma pseudo-dépression qui débutait dès le 10 décembre pour finir vers le 20 janvier, comme tous les ans…

Période répétitive recommençant chaque année, depuis dix ans et qui ne semblait jamais vouloir finir.

Chaque année je me consacrais entièrement à mon travail pour ne pas y penser, et chaque année c’était un échec monumental. Pourquoi ne pas vouloir oublier tout simplement ? Me demanderez-vous. Comment oublier ça ? Impossible. Et puis, je ne voulais pas l’oublier, juste ne pas y penser trop souvent. Je ne voulais pas perdre son souvenir, si douloureux soit-il, c’aurait été comme la trahir…

Malgré mes efforts pour la garder dans un coin de ma tête, la dissimuler sous une montagne de vieux souvenirs pour l’écarter de mes pensées immédiates, Noël détruisait tout chaque année. Il écrasait ma volonté, explosait mes protections et faisait jaillir nombre de souvenirs et le chagrin immense les accompagnants. Chaque année à la même période, je revoyais son visage, et avec lui son caractère et toutes ses petites manies qui m’agaçaient mais qui lui étaient propres et la rendaient unique. Ce visage pour lequel j’ai versé et verse encore tant de larmes. Malgré les dix ans écoulés, elles ne cessaient de se déverser en un flot abondant et ininterrompu.

Je rouvris les yeux et détaillai l’homme qui me faisait face. Une touffe de cheveux châtains qui semblaient avoir été coiffés quelques heures auparavant mais, qui ne ressemblaient plus à rien désormais. Un front couvert de ridules d’angoisse. Des yeux ternes et sans vie. Un regard empli de tristesse et de douleur. De lourds cernes violets. Un visage amaigri par l’angoisse et creusé par la fatigue. Un corps frêle. Une silhouette fantomatique.

Je ne me reconnaissais plus. Une loque, une épave. Voilà à quoi je ressemblais. Quasiment rien. Un homme brisé. Un homme détruit. Voilà ce que j’étais devenu. 

Horrifié par mon reflet, je m’en écartai vivement et marchai en direction de l’immeuble d’en face et m’y engouffrai rapidement, gardant les yeux rivés au sol, craignant la probable rencontre avec mon double sur une vitre.

Mathilde, l’hôtesse d’accueil, me salua chaleureusement. Je lui répondis par un simple sourire. Elle était toujours très gentille à mon égard et je n’arrivais même pas à être un minimum plus enjoué.

J’avais la tête vide et, ne sachant plus vers quoi tourner mes réflexions, elles allaient d’elles-mêmes vers ce sujet que je redoutais tant.

Je montai en silence jusqu’à mon bureau, m’installai sur ma chaise et jetai un regard à travers la baie vitrée surplombant la ville. Je détournai aussitôt la tête regrettant mon insouciance irréfléchie. Noël ne restait pas seulement au ras du sol, mais, malheureusement, s’élevait aussi jusqu’au sommet des gratte-ciels. Quelle plaie ! Impossible d’échapper à l’engouement de cette fête qui me détruisait.

La porte face à moi s’ouvrit me faisant sursauter. C’était Hélène.

— Je t’ai fait peur ? Désolée.

— C’est pas grave.

Elle vînt s’asseoir face à moi après avoir fermé la porte derrière elle.

— Pourquoi ne prends-tu pas des vacances ? Ça te ferait du bien. Tu as l’air épuisé.

— A quoi me serviraient des vacances à part m’ennuyer et ressasser le passé ?

— Que vas-tu faire pour Noël cette année ? Me demanda-t-elle après un long silence.

Hélène connaissait déjà la réponse à cette question, mais ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’elle ait changé.

— Comme d’habitude.

Elle hocha la tête d’un air triste.

— Tu veux que je vienne avec toi ?

— Non merci.

Elle n’aimait pas que j’aille là-bas seul mais, je ne voulais pas qu’on m’y accompagne. Je ne voulais pas de témoin à ma faiblesse. Hélène le comprenait mais, ne l’appréciait pas. Elle ouvrit la bouche mais je la coupai.

— Je sais ce que tu penses.

Un lourd silence s’installa autour de nous. Mon regard se perdit dans les rangées de bouquins de ma bibliothèque.

Une fois de plus son magnifique visage envahit mon esprit endolori. Son merveilleux sourire me plongea dans une profonde mélancolie.

Tout ça n’aurait jamais dû arriver ! Trop jeune, trop naïve, elle l’était. Elle n’aurait jamais dû partir si tôt. Très belle, charismatique, elle attirait les convoitises.

Maintenant, c’était son visage que je revoyais. Le seul à qui elle n’aurait jamais dû s’intéresser.

            Je serrai les poings et les dents. Je sentis une veine gonfler sur ma tempe. La colère montait sans que ne puisse rien y faire. C’était plus fort que moi. Dès que son nom me venait à l’esprit j’en suffoquais de haine. Dire que je le haïssais n’était qu’un euphémisme.

            Une petite main froide vînt se poser sur mon poing serré.

            — Tu devrais lui pardonner tu sais.

Rien qu’en me voyant elle avait tout compris. La nature de mes pensées premières puis, la dérive qu’elles avaient subies pour en arriver là.

Le pardon ? Comment pourrais-je jamais lui pardonner cela ?

— Il n’a rien fait. Pourquoi t’entêtes-tu dans cette haine qui te dévore ? Ce n’est pas en le haïssant qu’elle reviendra.

Le regard noir que je lui lançai la fit renoncer à la fin de sa tirade. Elle me regarda, l’air triste puis sortit de mon bureau.

— Réfléchis-y au moins. Ajouta-t-elle avant de fermer la porte.

 

Y réfléchir ? C’était bien ça le problème. Je ne faisais que ça. Elle m’avait été arrachée de force et pour moi, tout était de sa faute. Mais, le pire dans tout cela était que, inconsciemment, j’en étais presque arrivé à la même conclusion qu’elle.

Il n’avait rien fait. Du moins consciemment. L’avais-je haït pour de mauvaises raisons ? Etait-il vraiment innocent au final ? Peut-être…

Mais, ma rancœur était toujours ancrée dans les lambeaux du reste de mon cœur. Disparaîtra-t-elle un jour ? Peut-être…

 

Je sortis de mon bureau et allai marcher dans les rues enneigées, le plus loin possible de l’agitation des fêtes. J’errai, comme une âme en peine, ainsi jusqu’à ce que je me rende compte qu’il faisait nuit. J’étais dehors depuis une éternité qui m’avait pourtant paru durer seulement quelques minutes.

La nuit s’assombrissait à vue d’œil tandis que je rejoignais mon domicile, plus perdu que jamais.

 

 

 

* * *

 

Red Pieces
 

 

 

Cela faisait des heures que j’étais arrivé au bureau et pourtant, je n’avais toujours rien fait, à part observer le plafond les yeux dans le vague. Je réfléchissais au fait que le lendemain, jour de Noël, il faudrait que j’aille acheter une sublime rose rouge avant d’aller la rejoindre. Le rouge, sa couleur préférée. Pourquoi une rose ? Tout simplement parce qu’elle était aussi pure que cette magnifique fleur, que sa peau était aussi douce qu’un de ses pétales et que, malgré son air angélique, elle aussi piquait.

Comment n’avais-je pu voir son désespoir ? Ce devait pourtant être flagrant ! Mais trop occupé avec une de mes conquêtes de l’époque, j’étais devenu aveugle. Peut-être aurais-je pu la sauver, seulement, j’étais trop distrait pour m’en apercevoir. Je me maudis pour n’avoir rien détecté plus tôt. Elle m’appelait au secours et je n’avais rien vu de sa détresse. Son intense douleur aurait pourtant dû me faire réagir !

A cette époque, les filles ne cessaient de défiler et pourtant, aucune n’avait ses yeux, son regard, son attitude, son charisme, cette attraction sur moi. Aucune ne lui ressemblait. Mais, rejetant cette attirance en bloc, je changeais de copine chaque jour, espérant ne plus y penser.

C’est à ce moment qu’elle s’est mise à vouloir lui plaire. Lui plaire à lui. Le seul qui n’aurait jamais dû l’approcher. Cette espèce de frimeur et bourreaux des cœurs. Idole du lycée, adulé par toutes les jeunes filles pré-pubères. Il n’a fallu qu’un regard pour qu’elle succombe, pour qu’elle tombe sous son charme.

 

En y réfléchissant bien, c’est vrai qu’il n’y était pour rien. Elle y avait juste cru un peu trop fort. Beaucoup trop même. Ce n’était pas comme si c’était lui qui l’y avait poussée. Il avait peut-être contribué à sa chute mais, inconsciemment.

 

Je me levai en hâte, attrapai ma veste et sortit en trombe de mon bureau sous l’œil éberlué d’Hélène. Je lui envoyai un grand sourire pour la rassurer sur mon état mental et quittai l’immeuble. Je m’engouffrai dans la gare et sautai dans le métro qui se trouvait là. J’eus juste le temps de monter dans le wagon que les portes se refermaient déjà. Trois stations. Je descendis sur le quai et émergeais dans la rue. Le vent glacial transperçait mes vêtements et me frigorifiait. Je resserrai mon manteau autour de moi et avançai vers la rue Diderot. Après tant d’années de haine je me rappelai encore très nettement de son adresse. Se souvient-on de détails aussi précis d’une personne qu’on abhorre ?

Je me postai sur le pas de la porte et réfléchis. Etait-ce une si bonne idée d’être venu jusque là ? Sans m’appesantir sur mes doutes et laisser l’incertitude me gagner, je sonnai. Il ne fallut que quelques secondes avant que la nervosité me submerge. Je tremblais de tous mes membres. Mais pourquoi donc étais-je venu ici ? Maudite impulsion ! Je fixai la porte close. Et s’il avait changé d’adresse ? Il était encore temps de m’enfuir, de courir à toutes jambes à travers la ville, de rentrer chez moi bien au chaud et de garder ma dignité intacte. Je me détournai près à fuir quand une voix chaude m’interrompit.

— Shane ? C’est toi ?

Je baissai la tête et fixais une seconde le béton. Trop tard pour fuir. Je me retournai et le découvris sur le pas de la porte, l’air surpris. Il n’avait pas changé. Toujours ces yeux bleu turquoise envoûtants, ces cheveux longs et noirs lui chatouillant les épaules. Ses traits fins s’étaient juste légèrement durcis, donnant plus de caractère à son visage. Il était toujours aussi séduisant qu’avant. Je ne pu empêcher la rancœur de revenir juste l’espace d’un instant.

                — Salut Michael.

            Un grand sourire illumina son visage, pour légèrement s’assombrir quelques secondes plus tard.

            — Qu’est-ce que tu fais là ?

            — Je suis venu te dire que je te pardonnais. Je ne considère plus comme coupable et je m’excuse d’avoir reporté sur toi toute ma colère durant toutes ces années.

            Je l’observais. Il était vraiment très surpris. Les yeux écarquillés et la bouche ouverte, il n’arrivait apparemment plus à émettre un son.

 Je détournai les talons avant qu’il ne retrouve l’usage de la parole. Je ne voulais pas entendre ce qu’il avait à me dire. Ma fierté venait d’être mise à mal, sa réaction maintenant m’importait peu. J’avais dit ce que j’avais à dire. C’était terminé. J’arrivais à la bouche de métro quand la voix lui revint.

— Shane ! Attends ! Reviens !

J’accélérai le pas, ne voulant pas voir l’expression de triomphe qui devait très certainement s’étaler sur son si beau visage.

Finalement, je rentrais bien au chaud chez moi mais, ma dignité en moins. Faire des excuses à un homme que l’on n’a pas vu depuis des années et qu’on déteste n’est pas la meilleure solution pour lui redonner du peps !

Je me blottis sous mes draps et attendit que le sommeil vienne me trouver, le cœur lourd.

 

* * *

 

— Une rose rouge ?

— Oui c’est ça.

            Le fleuriste me la donna, un sourire de connivence sur les lèvres. Il devait surement croire que c’était pour ma petite amie. Je ne le détrompais pas et payais avant de sortir rapidement de la boutique.

            Mes pas me menèrent d’eux-mêmes à l’endroit où j’avais rendez-vous chaque année. Je passai l’immense portail en fer forgé et me dirigeai, en silence, au milieu des allées, afin de l’atteindre. Je m’assis face à elle et commençai à lui parler. Elle ne me répondit pas. Comment aurait-elle pu ?

            Je lui racontais ce qui s’était produit cette semaine, me remémorant le matin même, le regard d’Hélène quand je lui avais annoncé que j’avais pardonné Michaël. Elle était heureuse que je sois enfin allé le voir. La fierté brillait dans son regard. J’avais au moins donné le sourire à quelqu’un ces jours-ci, malgré mon état physique et moral déplorable.

Je restais là, à lui raconter tout ce qui me passait par la tête. Je me délestais de mes états d’âme et lui dévoilais mes profondes réflexions. Elle était la seule à qui je pouvais confier tout ça, tous mes tracas, toutes mes faiblesses. Elle avait toujours été là pour m’écouter, et aujourd’hui encore je pouvais évacuer ma douleur en lui parlant. Les heures s’écoulaient sans que je les voie passer.

            Je n’avais plus rien à dire. J’avais asséché ma soif de parler. J’observai le ciel étoilé, en silence, enroulé dans mon manteau. Ma respiration créait des volutes de fumée blanche que je suivais du regard.

            — Joyeux Noël, Shane.

            Je sursautais légèrement. A cette heure tardive, cet endroit était sensé être désert, surtout le soir de Noël.

Je me retournai et découvris Michaël.

            — Pardon ?

Il sourit et vînt s’asseoir à côté de moi.

            — Il est minuit.

            — Déjà ? M’exclamais-je en regardant ma montre.

            J’étais là depuis des heures et pourtant, je n’avais pas l’impression qu’il s’était écoulé autant de temps.

            — Qu’est-ce que tu fais là ? Demandais-je.

            — Je suis venu te voir. Je me doutais bien que tu serais ici. Répondit-il en jetant un coup d’œil à sa tombe.

            Je jetai un regard circulaire sur le cimetière. Il était vide.

            — Tu ne passes pas Noël avec ta famille ?

            — Je n’ai pas de famille.

Un silence pesant s’installa entre nous.

Pas de famille ? Il n’avait pas refait sa vie ? Et ses parents ? Etaient-ils morts ?

            — Merci de m’avoir pardonné. J’ai culpabilisé pendant tellement de temps.

            — Je l’ai fait parce que j’ai compris que tu n’y étais pour rien. Enfin, pas directement.

            — Mais, tu penses toujours que si je ne l’avais pas rejetée elle serait encore là, non ?

            — J’admets. Mais je ne comprends pas pourquoi tu l’as rejetée.

            — Tu n’as même pas une petite idée ?

            — Pourquoi ? Je devrais ?

Il me regarda droit dans les yeux, une lueur que je ne parvenais pas à déchiffrer au fond du regard.

            — J’avais quelqu’un d’autre en tête…

            Je le regardais, incrédule. Keira était géniale, avait tout pour elle et il avait quelqu’un d’autre en tête ?

            — Keira ne te plaisait pas ?

            — Pas vraiment, non.

            Keira était une fille très jolie, adorable et attirait bon nombre de convoitises masculines et elle ne lui plaisait pas ? Je n’en revenais pas !

            Pourquoi me regardait-il ainsi ? Serait-ce possible que… Non ! Pensais-je en secouant la tête.

            — Elle était pourtant très belle et elle t’aimait.

            — Oui mais, … toi aussi.

            Je tournai vivement la tête vers lui, éberlué, les yeux écarquillés. Comment pouvait-il savoir ça ? Je l’avais pourtant si bien caché ! D’ailleurs, tout le monde croyait que je le haïssais. Ce qui était vrai d’un côté… Je le haïssais pour les sentiments qu’il me faisait éprouver à son égard.

            — Elle ne me plaisait pas tout simplement parce-que mon style c’était plutôt son grand frère. Me répondit-il en souriant.

            J’ouvris les yeux encore plus. Serait-ce vrai ? Il avait rejeté Keira pour moi ?  L’homme sur lequel j’avais fantasmé toutes ces années voulait de moi ? J’avais rejeté en bloc mes sentiments à son égard pour rien ? Ma sœur s’était suicidée pour un amour de toute façon impossible ?

            Il profita de mon ébahissement pour m’embrasser. Un baiser froid comme les flocons nous environnement, à cause de nos lèvres glacées, mais, brûlant comme notre passion et magnifiquement tendre.

Et dire que j’avais rêvé de ce moment durant toute mon adolescence mais n’avais jamais osé l’espérer.

            Qui aurait cru que le garçon le plus beau et populaire du lycée était gay ? Et surtout, qu’il m’avait choisi moi ?

Il se sépara de moi, plongeant son regard dans le mien. Je lui souris et il fit de même.

— Tu sais, la vérité c’est que Keira n’était pas amoureuse de moi comme tu sembles le croire. Donc, on ne peut pas dire que je l’ai rejeté. Elle n’est pas morte pour moi.

Je fronçai les sourcils. De quoi parlait-il ?

            — On avait discuté tout les deux et elle n’allait vraiment pas bien. Elle avait découvert quelque chose d’horrible sur son histoire. Et ça lui était insupportable.

            Il fit une pause et m’interrogea du regard comme pour me dire que ce qui allait suivre, je préfèrerais sans doute éviter de l’entendre. Je l’intimai de continuer. Maintenant qu’il m’avait parlé de ça, je voulais savoir. Michaël reprit mais, à regret.

            — Tes parents n’étaient pas les siens. Elle a trouvé des lettres par hasard. Une correspondance entre ta mère et une tante éloignée. Ça disait, en gros, qu’elle avait été abandonnée à la naissance par ses parents biologiques. Keira en a déduit qu’elle n’avait jamais vraiment été aimée puisque ses parents n’avaient même pas voulu d’elle, que les élèves du lycée ne l’appréciaient que pour son apparence et que personne ne la connaissait vraiment.

            J’étais désemparé. Pourquoi ne m’en avait-elle jamais parlé ? J’étais là moi. J’aurais pu l’aider ! Je l’aimais, elle aurait pu tout me dire, je ne l’aurais jamais laissée tomber ! Mais elle avait décidé de se confier à Michaël. Une pointe de jalousie me transperça le cœur. Moi qui pensais que nous étions proches, je m’étais lourdement trompé…

            — Je lui ai que c’était faux, qu’il y avait beaucoup de gens qui l’aimaient mais, je n’aurais jamais cru qu’elle réagirait comme elle l’a fait !

            Cette histoire était horrible. Jamais je n’aurais imaginé quelque chose de plus sordide.

            Mais, malgré le tragique de la situation, un sourire vint se placer délicatement sur mes lèvres. Michaël me regarda d’un air interrogateur.

Cette nouvelle, quoique triste, était un soulagement pour moi. J’avais toujours cru qu’elle était morte pour une raison futile. Un homme, une déception amoureuse : il n’y a rien de pire comme raison pour se tuer. Mais, j’apprenais qu’elle avait une toute autre raison, qui prenait tout son sens, elle. Elle n’était pas morte pour rien ! Et cette pensée me rendait heureux. Mon raisonnement était difficile à comprendre mais, au moins, je ne me torturerais plus pour son décès. Michaël le comprit et me prit dans ses bras tandis que les larmes dégringolaient le long de mes joues

           

            Nous scellâmes notre destin d’un doux baiser sous la neige.

            — Joyeux Noël. Souffla-t-il.

Je souris et enfoui ma tête dans le creux de son cou. L’avenir nous appartenait désormais et le passé ne viendrait plus nous entraver.

 

 

 

 

 

Voici ma petite surprise pour Noël.

 J'espère que ce petit OS vous aura plu !

Il se finit bien, pour une fois {#} 

Joyeux Noël !

 

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